vendredi 19 juin 2026

Une rime pour la route

Si les historiens ne parviennent pas à s'accorder pour dater la chute de l'empire romain, il est sans doute plus facile pour nous d'isoler le moment qui marque la fin du romantisme en Ovalie, ce territoire qui nourrit nos esprits, nos rêveries, nos échanges. Ainsi le 25 mai 1980, la finale du Championnat de France se tenait pour la dernière fois un samedi à 15 heures. Par une journée ensoleillée sans canicule - le changement climatique n'avait pas encore posé sa grosse patte sur nos thermomètres - l'Association sportive biterroise affrontait, favorite, le Stade toulousain. Favorite car depuis 1971, les Héraultais s'étaient accaparés le Bouclier de Brennus du père Charles.

Toulon, Brive par deux fois, Narbonne, Perpignan et Montferrand (ce n'était pas encore Clermont) battus, Béziers régnait, comme Lourdes avant lui. Seuls les Agenais étaient parvenus, en 1976, à feinter le destin contraire au terme d'une finale digne d'un scénario d'Hitchcock. En ce joli mois de mai s'avançaient des Toulousains de légende - Serge Gabernet, Dominique Harize et Guy Novès aux ailes, l'ailier Jean-Michel Rancoule à l'ouverture, l'inimitable zébulon Gégé Martinez derrière une mêlée fragile, l'athlétique Jean-Claude Skrela et l'immense Jean-Pierre Rives qui semblait taille réduite face aux mastodontes cathares qu'étaient Armand Vaquerin, Alain Paco, Jean-Louis Martin, Alain Estève, Michel Palmié et Yvan Buonomo, encadré par deux flankers prometteurs, à savoir Pierre Lacans et Jean-Michel Cordier.

Par la suite, la finale se jouerait en nocturne et Béziers remporterait encore trois titres. Mais en 1980, deux courants s'affrontaient. A la rigueur cathare compactée autour d'un pack automatisé, les Toulousains répliquaient par des attaques en première main et des relances romantiques boostées par les foulées graciles de Thierry Merlos, le plus véloce des trois-quarts centres. Cette finale avait des airs de bataille d'Hernani, et les coriaces l'emportèrent, 10-6, l'arrière Serge Gabernet, servi au cordeau par Dominique Harize infiltré à toutes jambes dans la défense biterroise, s'avérant incapable de contrôler le ballon qu'il laissa rebondir sur son épaule en toute fin de match.

Cinq saisons plus tard, le Stade toulousain prit non pas sa revanche mais une place au sommet du jeu. 1980, on l'a dit, signifia la fin d'une époque baroque, estudiantine, insouciante, légère, et pas seulement au sein du club de la cité rose. Apportée par Robert Bru, dont on ne vantera jamais assez le rôle, la méthode delaplacienne fit son entrée pour changer définitivement la face du rugby français. Polyvalence des rôles, jeu debout, utilisation complémentaire du large et du ras : pas une équipe qui ne pratique désormais ce triptyque. Avec plus ou moins de réussite. Précurseur, le Stade toulousain maîtrise mieux que les autres le style qu'il a largement contribué à vulgariser quand, dans le même temps, Béziers parvint jusqu'en 1984 a faire fructifier l'héritage de Raymond Barthès et de Raoul Barrière.

Wayne Smith, Rob Andrew, John Rutherford, entre autres internationaux devenus techniciens, vinrent aux Sept-Deniers pour tenter de comprendre la mécanique des fluides qui coulaient entre les lignes toulousaines. Avant de repartir en Nouvelle-Zélande, en Angleterre et en Ecosse prêcher les nouveaux évangiles selon Pierre (Villepreux), disciple le plus fameux du maître Deleplace. Depuis, pas moins de dix-sept titres garnissent la vitrine aux trophées d'un club qui a fait de la formation son canal historique, et on ne compte plus les joueurs qui nourrissent les équipes d'élite après être passés par son école de rugby.

Ce 25 mai 1980, le troisième-ligne centre international Yvan Buonomo inscrivit en force un essai pour sceller un difficile succès. Disciple du Sétois Paul Valéry, et éclairé par son mentor Jean-Louis Bourret, du rugby ce chantre a pondu en 2008 un poème-fleuve (63 quatrains) qui laisse à notre sagacité quatre vers parmi ses milliers d'autres au moment où se noue la résolution d'une saison épique de Top 14 comme peut-être jamais l'élite du rugby français n'en a connu, mais aussi où l'éthique fut secouée et les interrogations multipliées  : "Si gagner le Brennus, ô victoire suprême, est pour le rugbyman l'acte le plus sacré, l'exemple et le devoir se devront d'être extrêmes. Le titre ne fait pas toujours l'homme parfait."

44 commentaires:

  1. Il fut un temps où le rugby se jouait davantage avec le cœur qu'avec les tableurs. Un temps où l'on montait à l'assaut d'une défense comme on partait à l'aventure, sans GPS ni algorithme, porté par l'instinct, l'audace et parfois une délicieuse dose d'inconscience.

    Ce rugby-là avait quelque chose de romantique. Les joueurs n'étaient pas encore des athlètes calibrés au gramme près ; ils étaient des personnages. Certains semblaient sortir d'un roman de Pagnol, d'autres d'un film de Lautner. Les vestiaires sentaient le camphre, les tribunes vibraient au rythme des accents du Sud-Ouest, et le ballon ovale demeurait un formidable prétexte à raconter des histoires.

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  2. Le rugby de cette époque sentait encore les troisième mi-temps interminables, les vestiaires humides et les rêves d'étudiants. On y trouvait de la fantaisie, parfois de l'inconscience, souvent du génie. Le ballon n'était pas un objet à sécuriser mais une promesse à partager. On jouait pour gagner, certes, mais aussi pour raconter une histoire.

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  3. Bonjour , c'est drôle de parler de ce rugby car ce matin aux thermes de cauterets où je fais un petit remplacement , je soignai la cousine de Marquesuzaa...nom qui nous replonge en arrière du grand Lourdes avant le grand Béziers; nom qui fleure bon Maurice Prat , Roger Martine et autres ....je lui disait combien son cousin avait fait vibre les passionnés du rugby....oui cher Miguel les joueurs sont calibrés différemment , mais aussi les staff ; petite anecdote me concernant , en 1976 jeune diplômé de kiné , je suis à Bastia et j'apprends que le kiné du sporting de bastia ne fera pas le déplacement pour jouer contre le PSG ; étant ami de Georges Franceschetti , je lui ai dit ma disponibilité; Cahuzac ok , je me suis donc retrouvé sur un banc de bois au bord de la touche avec Cahuzac à coté , éviemment Bastia a gagné car c'était la grande équipe qui allait finir 3ème et qualifié en coupe d'Europe ( finale contre les hollandais d’Eindhoven ) ...tout cela pour dire qu'une équipe avait besoin de joueurs , d'un entraineur et d'un soigneur alors qu'aujourd'hui il y a plus de staff dans une équipe de foot et rugby que de Maréchaux d'empire ....alors oui comme le chantait si bien Nino Ferrer :

    La maison près de la fontaine
    Couverte de vignes vierges
    Et de toiles d'araignée
    Sentait la confiture et le désordre
    Et l'obscurité
    L'automne
    L'enfance
    L'éternité
    Autour il y avait
    Le silence
    Les guêpes
    Et les nids des oiseaux
    On allait à la pêche
    Aux écrevisses avec monsieur l'curé
    On se baignait tout nus, tout noirs
    Avec les petites filles
    Et les canards
    La maison près des HLM
    A fait place à l'usine
    Et au supermarché
    Les arbres ont disparu, mais ça sent l'hydrogène sulfuré
    L'essence
    La guerre
    La société
    ce n'est pas si mal
    Et c'est normal
    C'est le progrès

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  4. Comment peut-on oublier les "Dimanche"? A 15h00!
    Les Samedi du Tournoi, les Dimanche du championnat!
    Si pas match, alors "Sombre Dimanche" comme le chantait Billy Holiday entre autres.

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  5. Rubrique dans le couloir d' "A la recherche du rugby perdu" de ce grand huit d'Yvan. J'ai toujours pas lu et faut que je l'achète enfin,
    bien sûr.
    J'ai retrouvé ces vers pour une éloge du pied comme du Cyrano à Molière, dédié à Didier Cambé qui s'il n'était pas toulousain n'avait pas qu'un pied mais des mains aussi ayant apporté un plus à Béziers en son temps, comme un Kinder Bueno.
    Me rappelle a l'époque que Didier commençait à perdre ses cheveux et cherchait la meilleure méthode d'implants débutants à l'époque. Il y en avait une d'ailleurs qu'il avait testé et pour laquelle une pub passait régulièrement sur Midol.

    "Si Cyrano de Bergerac est célèbre pour son nez, pourquoi ne pas dire que "Cambé de Béziers" est célèbre pour son pied ?
    Un pied, vous avez dit un pied ? Non Monsieur, non Madame, ce n'est pas un pied mais un coup de pompe magistral, une botte qui touche, escarmouche, fait mouche !!!
    Un pied à musique qui donne du son au ballon.
    Un pied à coulisse, pour celle de l'exploit.
    Un trente deux pied qui sillonne la mer du championnat.
    La chaussure à son pied est une pantoufle de verre; c'est le Cendrillon des stades.
    Combien de pieds de nez à l'adversaire ? Quand Cambé tape, ça passe !
    Mais j'ai entendu par ci, par là un pied de salades. Vous avez dit Cambé, un pied d'égoïste ? Halte là garçon, l'extraordinaire relance de Twickenham c'est pas du pied, c'est de la main et quel pied, mes agneaux.
    Donnez lui de bons ballons. En passe, il sait se surpasser. Son maximum, c'est de prendre son pied à la main !
    A t-il de l'âge ? Apparemment il vieillit mieux que le Bordeaux.
    Il a les pieds sur terre, lorsqu'il joue à hauteur. Il n'a jamais pris ses 3/4 pour des pieds nickelés!
    Ce Cambé là, ce soir mérite ce pied d'estal! Ne serait-ce parcequ'il nous aide à commettre de nombreux hold-up.
    C'est lui le meilleur pied de biche du Championnat.
    On ne s'en plaindra pas!"

    Merci Didier...

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    1. Didier c'était aussi intéressé de près à la sophrologie pour une meilleure approche dans les tirs aux buts

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  6. Et pourquoi justement ne pas planifier à 15h le dimanche pour éviter les embouteillages? On oublie la météo qu'on ne peut pas prévoir 9 mois à l'avance.
    Certes en 1980 je savais à peine que ça existait et maintenant ça me met en colère.
    Alors qu'est ce qui me met en colère moi qui aime tant me mettre devant le spectacle télévisuel du rugby ?
    Qui trouvera avant que je développe dans un article bien "énervé"?

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  7. Rouleau compresseur toulousain qui ne donne même pas l’impression de forcer: 31 points en 30 mn….Racing/LR même combat du qualifié de dernière minute perdant le match…de trop? Pour l’intérêt du jeu, on aimerait néanmoins un réveil du Racing.

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  8. Mi-temps quasiment parfaite du ST. À défaut d’adversité, apprécier l’absolue justesse toulousaine.

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  9. Ce principe de play-off commence à m'interroger sérieusement. 2 qualifiés attendant patiemment que 2 autres continuent à s'user à en découdre pour les rejoindre, on comprend bien évidemment l'intérêt de Mola pour y parvenir d'entrée. C'est un peu chat perché.
    Pareil pour la pro D2 ou au moins 1 équipe se ballade, cette année Vannes, en attendant la finale contre celle qui va prendre sa déculottée. Sachant que pour l'access Top 14 on voit bien la différence avec le barragiste de l'échelon au-dessus.
    Il n'y a qu'en France qu'on voit un tel déroulement. On est quand même en train de cadenasser ces championnats. Toulouse et l'image Airbus derrière (j'entends le club, je parle pas des joueurs) et le reste derrière. Sachant qu'on sent bien une poussée à vouloir dicter des pratiques pouvant favoriser les plus argentés via notamment le ST et Lacroix et la question du salary cap.
    En Pro D2 c'est un peu pareil il restera à Vannes de s'être suffisamment renforcé par rapport à sa 1re expérience Top 14 pour ne pas refaire l'ascenseur.

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  10. C'est encore toujours comme ça, dominer en touche(voir Roumat) dominer ou bien tenir en mélés fermées et hier soir ne pas envoyer la balle vers les ailiers en attaque de premiere main et si l'adversaire est fatigué tu garnis largement le planchot

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  11. Match dont il faut quand même se poser des questions , comment en demi finale on peut prendre 71 points , alors qu'une semaine avant , tu vas gagner à Pau (invaincu chez lui ) ...
    Si on ne fait rien , il faudra créer deux boucliers , l'un pour le Stade toulousain et l'autre pour le gagnant de la finale ....Le ST est il trop riche , débauchant les meilleurs ? On sait que la région est un vivier , mais quand même !!!!
    Perso j'ai arrêté de regarder a 40 points , car aucun intérêt , j'aime quand un match me donne des émotions , et là rien à partir de la 20ème minutes ....que sera ce soit Montpellier SF ?

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    1. Comme s'interroge Marc, effectivement cette demie prend le reflet d'une énigme, à quoi ça rime, un tel score comme une démission quelque part. Les noeuds paps ont disparu depuis longtemps. Et le ST n'était pas du tout dans la gaudriole.

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    2. Les phases finales ont au moins une vertu : elles récompensent les équipes les plus régulières de la saison. Les deux premiers bénéficient d'un accès direct aux demi-finales, une forme de justice sportive qui rappelle qu'un championnat se gagne aussi de septembre à mai et pas seulement sur un coup d'éclat au mois de juin.

      En revanche, côté santé des joueurs, le bilan ressemble davantage à un rapport d'accidentologie qu'à une fête du rugby. À force d'allonger les calendriers, d'empiler les compétitions et de multiplier les matchs à haute intensité, certains organismes finissent par afficher autant de voyants rouges qu'un tableau de bord de vieille Peugeot.

      Aujourd'hui, un joueur de haut niveau enchaîne parfois plus de rencontres qu'un commercial ses kilomètres. Les blessures se multiplient, les périodes de récupération se réduisent et les staffs médicaux travaillent presque autant que les entraîneurs.

      À ce rythme, le véritable vainqueur du Top 14 ne sera bientôt plus celui qui soulève le Brennus, mais celui qui parvient à aligner quinze joueurs valides pour la finale. Le rugby reste un sport de combat, certes, mais il n'était pas prévu que le calendrier participe aussi activement aux plaquages.

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    3. De retour de Marseille, où si on ne s'est pas ennuyé autour du Vélodrome (beau stade que je découvrai), on ne peut pas en dire autant du spectacle à l'intérieur.
      Deux schémas classiques: le vendredi soir, la messe était dite si rapidement que mon copain Dédé, parti à 22-3 en quête de bières (en sous-dotation manifeste ici: les footeux boivent si peu ?), est revenu quand le planchot en affichait déjà 49 pour les Toulousains. Une équipe qui déroule, une autre qui abdique et qui lors de ses rares moments de jeu fait en plus des fautes bêtes.
      Le samedi soir, après une entame prometteuse et 2 beaux essais de part et d'autre dans le premier quart d'heure, on a joué à gagne-petit côté MHR, le SF ne pouvant opposer grand chose sans véritable touche ni mêlée; et lorsqu'en fin de match leurs arrières ont marqué un essai sur un contre de 80 m., qui aurait pu changer le cours des choses et mettre du piment dans cette fin de match, l'arbitre à l'unisson a contribué à prolonger l'absence de suspense en le refusant, sans que l'on comprenne trop pourquoi d'ailleurs.
      Comme le fait remarquer Miguel Fernandez, ça sent la fin de saison avec des joueurs et des équipes sur les rotules, mis à part le Stade qui fait régulièrement tourner et des joueurs comme Dupont à la manoeuvre plein de fraîcheur après son arrêt cause blessure.
      La finale n'est pas jouée pour autant, mais il faudra que le MHR montre tout autre chose que le jeu minimal produit hier soir autour d'une bonne touche et de sa mêlée.

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    4. Le Racing était cuit. C'est clair. Il a bataillé à Clermont et deux fois à l'Arena - dont une fois face à Toulouse, en composition très mixte, il faut le dire - et son succès à Pau, au Hameau, lui a vidé les accus. Les Racingmen n'attendaient aucun miracle face à des Toulousains qui retrouvaient une compo type après trois mois de roulement.
      Mais voir le Stade Français aussi faible en attaque, incapable de lancer un mouvement (avec des leurres, des courses, des recherches d'intervalles, un peu d'animation offensive, quoi...) derrière ses rucks et ses pick and go, c'était désespérant. Montpellier, effectivement, a préservé son avantage au score de façon la moins énergivore possible en pensant à la finale. Car il va falloir du jus pour arrêter la machine toulousaine, samedi soir, dans la fournaise de Saint-Denis. A 21 heures, il fera 37 degrés. Mais on annonce quelques orages dans la nuit.

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  12. On parle bien du stade Toulousain, le plus gros budget du top 14?
    Extraits twitter
    "Ça sera diffusé sur le twitch des lionnes de bordeaux si je dispose d'une prise au stade"
    "heureusement que vous êtes là.
    Honte aux dirigeants toulousains "

    Ou info d'un journaliste que j'ai interrogé
    "Malheureusement la télé locale toulousaine Via Occitanie a fermé ses portes"

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  13. Ce week-end se jouent les demi-finales d'Élite1 féminine, mal placées dans le calendrier, en concurrence frontale avec les demies du Top 14, et sans diffusion identifiée. Pendant ce temps, la presse spécialisée s'en tient au minimum, voire à rien du tout. Le contraste avec la place médiatique qu'on prétend vouloir donner au rugby féminin est manifeste.

     Si on voulait nuire à la visibilité de l'Axa Élite 1, ou du moins l'invisibiliser, on ne s'y prendrait pas autrement.

    Je développe ces constats de manière détaillée, faits et sources à l'appui, dans cet article :

    Demi-finales d'Élite 1 féminine : rien n'arrête le rugby féminin, sauf la grille des programmes


    Ps: Les Lionnes du Stade Bordelais sont venues battre le ST sur leur terrain 27 à 25

    Filmé par un Bordelais vu que le ST n'a pas les moyens de faire une diffusion😱😡
    deuxième mi temps

    A l'inverse de demain ou le journal La Montagne utilise ses moyens techniques
    Elite 1 : la demi-finale entre l'ASM Rugby Féminin et Blagnac sera diffusée en direct sur toutes nos plateformes

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  14. Selon une récente étude menée par le très sérieux Centre National d'Observation des Injustices Sportives Évidentes, une anomalie médiatique persiste dans le rugby français.

    Les chercheurs ont notamment constaté qu'une simple rumeur de transfert concernant un troisième ligne du Top 14 peut parfois bénéficier d'une couverture supérieure à celle d'une victoire des Bleues face à une grande nation mondiale. Dans certains cas extrêmes, l'idylle entre un célèbre demi de mêlée français et une ancienne Miss Univers mobilise davantage de colonnes, de micros et de débats qu'un exploit sportif réalisé par toute une équipe internationale féminine.

    Pourtant, les joueuses présentent les mêmes symptômes rugbystiques : elles plaquent, courent, marquent des essais et gagnent des matchs.

    Les scientifiques poursuivent leurs travaux mais avancent déjà une hypothèse audacieuse : si l'on diffusait davantage le rugby féminin, davantage de personnes le regarderaient.

    Une théorie révolutionnaire qui pourrait bien bouleverser le monde du sport.

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    1. Si elles étaient plus nombreuses à haut niveau ça pourrait largement contribuer.
      Mais qui ferait le ménage, la cuisine... ?🤔😁

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  15. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  16. Sergio, demande à François Ratier ce qu'il en pense. C'est pas le nombre le problème. En jeunes on explose les anglaises. C'est le fait que la structure amateur du championnat ne permet pas le "plus nombreuses à haut niveau".
    Si on pouvait envoyer nos 50 meilleures joueuses dans le championnat anglais, les résultats de l"EdF seraient largement plus élevés.
    La France est au rugby féminin ce que les Fidji sont au rugby masculin.
    J'en suis à espérer que les Séraphine Okemba, Gaëlle Mignot, Lénaïg Corson, et tout dernièrement Gabrielle Vernier ne soient plus des exceptions.
    En attendant qu'il y ait du pognon et de la diffusion. Miguel doit savoir si c'est le pognon avant la diffusion ou si c'est la diffusion qui engendre un peu plus de pognon. Sachant que dans un premier temps les droits TV seront proche de zéro. Il doit y avoir un effort de plusieurs entités différentes, fédération, ligue, clubs, pourquoi pas joueurs, médias bien évidemment. Agents, je ne sais pas quel peut être leur rôle au début.
    Cf
    Quatre poupées barbie à l’effigie de joueuses de rugby

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    2. Just a plaisanterie. On connaît tous le problème du rugby féminin hormis les roses beef anglaises

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  17. Et mécènes pourquoi pas, on peut rêver.
    Un ou plusieurs hommes qui viennent au soutien du rugby féminin, ça aurait de la gueule hein?
    Pour le coup (c'est le cas de le dire) je ne ferai pas dans l'humour puisque Miguel est particulièrement brillant dans ce domaine.
    Miguel a oublié tout un pan de l'étude dont il parle. J'espère que ce n'est pas un acte manqué.
    C'est la comparaison entre le nombre d'articles qui parlent de femmes qui jouent au rugby et le nombre d'articles qui parlent de joueurs de rugby et de leur comportement vis à vis de femmes ou de leur femme.
    Comportement déplacé, sexualité brutale, viols sordides, coups, violence physique, meurtre.
    Fervent adepte de la justice réparatrice, je serais pour qu'une petite partie du salaire ou revenu de tel joueur de rugby qui a commis une faute plus ou moins grave, serve au développement du rugby féminin.
    Ou bien en tant que fervent amateur de la loi du talion mal comprise, je l'enferme dans une pièce avec les packs des quatre équipes demi finalistes d'élite 1 en charge de lui faire comprendre que la violence du plus fort vers le plus faible, c'est pas un truc chouette à vivre quand on est le plus faible.

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  18. La poésie dans le rugby, c'était aussi le match pour la 3eme place! Oui les perdants tentaient de se refaire la cerise juste avant le Brennus. Un match "pour rien", pas dans les livres d'histoire, pas de qualifications pour la coupe d'Europe. C'était de la poésie.

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    1. Poésie parfois virile, avouons-le, avec quelques règlements de comptes. Et beaucoup de remplaçants. C'était à Jean-Bouin, l'ancien, celui qui fut le cadre de quelques records d'athlétisme. Rien que le nom "Jean Bouin", raconte un sportif hors-normes. C'est vrai, Philippe, qu'un Racing - Stade Français à Jean-Bouin, vendredi soir, aurait de la gueule... Mais cette petite finale est morte avec la structuration du professionnalisme. Ca couterait trop cher à la LNR d'organiser ce match de gala.

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    2. Coïncidence: devant le Stade Vélodrome il y a une statue (assez belle d'ailleurs) de Jean Bouin, et une tribune du stade porte son nom.

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  19. Le rugby féminin est probablement l’un des plus beaux paradoxes du marketing sportif moderne.

    D’un côté, les marques passent leur temps à expliquer qu’elles veulent parler aux femmes, les comprendre, les accompagner, les séduire, les fidéliser. De l’autre, elles continuent souvent à investir l'essentiel de leurs budgets dans des univers où les femmes sont spectatrices davantage qu'actrices.

    Pourtant, les chiffres sont têtus. Les femmes représentent environ 50 % de la population mondiale. Mais surtout, elles influencent ou prennent la décision finale dans une immense majorité des achats du quotidien : alimentation, équipement de la maison, habillement, loisirs, vacances, éducation, santé, automobile… Certaines études vont même jusqu'à estimer qu'elles influencent près de 80 % des décisions de consommation.

    Autrement dit, elles représentent 50 % de la population... mais souvent bien davantage lorsqu'il s'agit de décider ce qui finit dans le panier ou sur le relevé bancaire familial.

    Vu sous cet angle, le rugby féminin n'est pas seulement un sujet sportif. C'est un sujet économique.

    Les marques anglo-saxonnes l'ont compris depuis plusieurs années. Aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie ou en Nouvelle-Zélande, les investissements dans le sport féminin progressent à une vitesse spectaculaire. Pourquoi ? Parce que les annonceurs ont réalisé qu'ils n'achetaient pas seulement de la visibilité. Ils achetaient de la préférence de marque, de la proximité et de la crédibilité auprès d'un public extrêmement influent.

    Et le retour sur investissement est souvent remarquable. Le sport féminin offre encore des coûts d'entrée raisonnables, une audience en forte croissance, un engagement authentique et des valeurs particulièrement recherchées par les consommateurs : performance, résilience, inclusion, esprit collectif et proximité.

    Chez les pays latins, nous sommes encore un peu plus timides. Nous observons le phénomène avec intérêt, parfois avec admiration, mais souvent sans encore franchir complètement le pas. C'est un peu comme regarder un train partir de la gare en se disant : « Il a l'air rapide, ce train. Attendons quand même de voir s'il arrive à destination. »

    Le problème, c'est qu'il est déjà en train d'arriver.

    Le rugby féminin connaît des progressions d'audience, de fréquentation et de couverture médiatique qui auraient fait rêver bien des disciplines il y a encore dix ans. Les joueuses deviennent des figures d'identification puissantes, notamment auprès des jeunes générations qui attendent des marques davantage qu'un simple logo sur un maillot.

    Dans ce contexte, les entreprises qui investissent aujourd'hui ne prennent pas un risque. Elles prennent une avance.

    L'histoire du marketing sportif est pleine de marques qui ont eu raison avant tout le monde. Les autres les ont ensuite imitées en expliquant qu'elles avaient toujours cru au projet.

    Le rugby féminin est probablement à ce moment précis de son histoire.

    La question n'est plus de savoir si les annonceurs vont s'y intéresser.

    La question est de savoir lesquels auront l'intelligence d'y croire avant les autres.

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    1. Excellent commentaire, Don Miguel, qui ressemble à une chronique bis...

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  20. Il faut peut-être nuancer le constat.
    Aux USA, l'équipe nationale féminine de foot (sport très pratiqué en universitaire) a raflé tous les titres possibles en dominant le foot féminin mondial; il a quand même fallu attendre 2019 et même un procès intenté par les joueuses vu la réticence de la Fédé américaine pour que les primes de matchs des féminines soient alignées avec celles de leurs collègues masculins, dont les résultats sont pourtant aux antipodes des leurs.
    Et pour rester dans le rugby, j'aimerais avoir des chiffres comparatifs du rugby anglais entre équipe nationale féminine, qui s'est elle-aussi rafle tout sur le plan mondial, et équipe nationale masculine. Pas sûr que là aussi, on soit dans la parité...
    Le marketing, c'est une chose, la traduction en moyens pour le sportif une autre.

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    2. Je suis d'accord pour nuancer, mais ton exemple démontre surtout une chose : le problème n'est pas que le sport féminin ne crée pas de valeur, c'est que certaines institutions mettent un temps fou à s'en apercevoir.

      Aux États-Unis, les footballeuses ont dû aller au tribunal pour obtenir ce qu'elles avaient déjà gagné sur le terrain. Ce n'est pas un échec du marché, c'est un retard à l'allumage des dirigeants.

      Dans le rugby, les Red Roses ne sont pas encore à parité avec les hommes, mais il y a quelques années personne n'imaginait Twickenham rempli pour un match féminin. Aujourd'hui, les sponsors, les médias et le public sont là.

      En réalité, les marques ne sont pas devenues féministes du jour au lendemain. Elles sont devenues pragmatiques. Elles ont simplement découvert que les femmes représentent 50 % de la population... et influencent probablement 80 % des achats.

      Une révélation spectaculaire qui n'aura pris que quelques décennies au marketing sportif.
      Finalement nous disons la même chose peu ou prou, les marques sont déjà dans le futur du sport féminin. Les institutions sont encore en train de le découvrir.

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    3. J'aime les gens qui disent : "je suis d'accord pour nuancer..."

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  21. Imposer ses points forts, créér le désordre, des gros face aux petits, des rapides face aux lents,savoit improviser sur une action ou une stratégie, pros ou pas, ça n'a guerre changé, c'est bien.
    Aprés que des mecs qui ne font que ça de la semaine, épaulés par une armée de spécialistes de tout, jouent mieux qu'avant, encore heureux.
    Le professionalisme, on ne pouvait pas y échapper, juste souhaiter n'y piocher que le bon, fini les matchs a 47 maisons du ballon, dont 18 écroulées et 12 relevées, les 72 points de suture , les 12 minutes de temps de jeu, suis pas nostalgique.
    Par contre le merchandising a tout crin, la création de regardants énervés plus que de participants , les bombons magiques , bref ce qui gangréne déja les plus anciens, on aurait pu éviter, j'avais perso peu d'espoirs.
    Alors tous ceux qui espérent de bonne foi une valorisation de nos Bleues, une meilleure exposition doivent savoit qu'il y aura un prix a payer.
    Allez , retour sur mon caillou, 24°, ça vous plairait , hein!

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  22. Bon, allez, plus qu'un jour avant de savoir... Vous sentez le suspense monter ? Moi, pas. Ce sont trente points d'écart. Entre une équipe qui sait depuis trois mois qu'elle est qualifié en haut du tableau et a bien déroulé sa fin de saison pour garder les titulaires au frais. Et un club qui a lutté jusqu'au bout pour terminer "dauphin", qui se prend une campagne de presse, comme par hasard, juste avant la finale. Etonnant, non ? Ca ne pouvait pas attendre une semaine ? L'Etat est si pressé que Mohed verse 331 millions au fisc ? Une goutte d'eau dans les 3 500 milliards de dettes publiques, and counting... Je sais : dura lex sed lex. LVMH dispose de 284 filiales implantés dans des paradis fiscaux, Total 130. Je m'égare.

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    1. Cela dit, Toulouse de son côté semble jongler avec le "salary cap", en témoignent les affaires Kolbe, Jaminet, Dupont et Jelonch... Et encore, on ne sait pas tout. Un président de club du Top 14 me disait il n'y a pas si longtemps la chose suivante, je cite : "Je pense qu'il faut avoir le courage de dire pourquoi le Stade toulousain est capable d'aligner trois équipes compétitives en Top 14, et dénoncer leurs tricheries sur le salary cap. Trois ont été identifiées mais combien ne l'ont pas été ?"

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    2. Comme dit précédemment, il faudrait avoir le courage de laver ce linge sale; mais alors, laver le linge sale de tout le monde...
      Pointer le doigt sur le ST et ses tricheries en drapant tous les autres clubs dans une cape d'honnêteté est tout aussi hypocrite que les déclarations du milieu du cyclisme chaque fois que le coureur d'une équipe se fait prendre pour dopage: c'est le vilain tricheur, mais nous on est les gentils qui marchons à l'eau claire..

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