Dans la roue des champions, ce cornac a le mental d'un dératé de Paris-Roubaix. Car il en fallait, de la caisse, pour survoler les pavés du Nord, avaler la poussière et les kilomètres d'un enfer dominical qui ne s'offre qu'aux plus grands. La remontée héroïque de Mathieu van der Poel effaçant d'une force d'airain son retard seconde après seconde n'avait comme concurrence que le duel digne du long métrage de Ridley Scott entre Wout van Aert et Tadei Pogacar, bretteurs grand style roue dans roue jusqu'à l'emballage final dans un écrin en forme oblongue de vélodrome.
Au moment où les duellistes en finissaient au nord commençait dans le sud-ouest le bras de fer entre Bordeaux-Bègles et Toulouse, voisins ennemis en amont et en aval du fleuve rugby qui coule des Pyrénées vers l'Atlantique. Vingt minutes durant lesquelles rien ne fut inscrit mais qui marquèrent les corps et les esprits dans un de ces face-à-face qui augure d'une fin de saison tendue comme la cravate de feu Michel Crauste. On attendait la puissance des avants toulousains et c'est l'engagement du pack bordelais qui fit basculer les plateaux de la balance.
Alors que les Galactiques girondins ont enfin trouvé un paquet d'avants à la hauteur de leur talent sidérant, les attaquants toulousains n'ont pas été capables de compenser la relative atonie de leur pack de fort tonnage par les fulgurances dont ils sont coutumiers, et seul l'altier Kalvin Gourgues, dans un style qui rappelle l'élégance athlétique d'André Boniface dans l'intervalle qui ne se referme pas - buste haut, regard droit, accélération maîtrisée, ballon tenu devant lui, reins cambrés - fut en mesure de percer.
Ce quart de finale de Champions Cup s'est hissé un cran au-dessus des joutes domestiques qui, pourtant, animent avec énergie le Top 14. Dans un stade Chaban-Delmas chauffé au blanc des drapeaux, nous avons perçu à quel point, même avec tous ses défauts, cette compétition intercontinentale oblige les équipes engagées à élever leur rythme si elles veulent nourrir leurs aspirations. L'envie est décuplée à l'idée de déguster en mai des demis bien frais, et il n'y a pas de beau jeu que dans le sud-ouest.
En effet, il faudra compter aussi sur Toulon, dont on s'est demandé un temps s'il n'allait pas rester en rade quand son entraîneur en chef prit le large quelques semaines, consumé de l'intérieur par le feu qui brûle à Mayol, le plus incandescent des stades d'Ovalie. Réinitialisé, équipé de ce qui semble être un nouveau logiciel, voici le RCT parti à l'abordage, et c'est ce qu'il sait faire de mieux. Avec une UBB ragaillardie et des Varois sans complexes, la France aligne deux de ses clubs dans le dernier carré, face à des Anglais certifiés brise-glace et une province irlandaise dont on connaît l'irrésistible organisation : bien malin qui peut annoncer la couleur d'une finale en terre basque espagnole.
Au sourire de Mathieu Jalibert encaissant les plaquages appuyés de son alter-ego Romain Ntamack, le cyclisme d'élite avait offert l'étreinte respectueuse des frères ennemis, van der Poel allant saluer sans arrière-pensée le vainqueur de l'enfer dès la ligne d'arrivée franchie. Comme des virgules au bout d'une phrase de jeu, le sport a des vertus peu communes dont on aime s'inspirer car elles dépassent l'exploit pour toucher à la quintessence de la compétition.
Je savoure encore mon retour en terre natale, et le partage de desseins auprès des Anciens du Stade Rochelais qui ne veulent rien d'autre que d'offrir aux nouvelles générations ce que le club leur a transmis. Une pensée, aussi, vers les bénévoles, éducateurs et dirigeants du Sporting Club de Surgères qui m'ont accueilli avec chaleur et passion dans leur club-house orné de trophées et de photos sépia qui rendent gloire à leurs jeunes pousses et à leurs vieux crampons. Le rugby est surtout, comme l'écrivait l'historien Henri Garcia, "un état d'âme avant d'être le grand sport que l'on sait."

Max Lucu...Ce bonhomme incarne tout ce que j'aime dans le rugby. Le talent et les valeurs arnoldiennes...
RépondreSupprimerPunaise, Miguel, quand vous renégociez ou négociez un contrat de joueur avec Bernard Laporte, vous lui dites "écoute Bernard, des joueurs comme ça avec ce talent et ces valeurs arnoldiennes, ils se comptent sur les doigts d'une main, alors fais un effort".😉
SupprimerCe qui est compliqué c'est que quand on perd l'habitude de fréquenter "côté ouvert" (pas ma faute hein, 🥵 repos jubilatoire oblige) on va dans des lieux où le vocabulaire est bien médiocre.
J'espère que votre protégé va bien, car c'est peut-être à vous, parmi beaucoup d'autres, qu'on doit l'entrée de l'UBB dans une nouvelle dimension avec le🤤ce choix de Damian Penaud pour l'UBB.
Je compte sur vous pour aller convaincre un autre talent francais de venir goûter la douceur de vivre girondine. Bien sûr Antoine pourrait se sentir moins loin de sa villa du Pyla. Malheureusement comme vous l'avez si bien écrit en peu de mots, il n'aurait qu'un rôle de doublure.
Personne n'est prêt en Gironde et Aquitaine à changer Maxime par Antoine.
Maxime à Bilbao, tel doit être le mantra des prochaines semaines pour récompenser ce talent et cet homme charmant.
Et dire que Urios n'était pas convaincu.
C'est dire que dans le recrutement d'un joueur, parfois c'est une intuition.
Palu, Woki cette année...Matiu, Jacobs l'an dernier..
Au hasard chers lecteurs, quels sont les deux joueurs de Lyon que vous aimeriez voir rejoindre la Gironde?
Car aller à Toulouse pour la garantie d'un titre quasiment chaque année, c'est moins glorieux que d'être dans l'équipe qui gagnera pour la première fois un brennus depuis sa création.
Une lecture pour ceux qui ont le temps: "Le roman de l'UBB" par Serge Legrand-Vall
Whaou, senor Miguel, voici bien une belle declaration ovale... Alors, reponse ?
SupprimerDéclaration prise sur un rebond heureux — autant dire que le ballon est venu à moi sans que j’aie à forcer le jeu.
SupprimerMon cher Christophe, vous comprendrez que je serais dans une position quelque peu inconfortable si je devais tenir ce genre de propos devant Bernard… Disons que les négociations prendraient alors la durée d’un drop en contre — brèves, intenses, et sans appel.
Je perçois bien, au passage, votre charmant chauvinisme girondin, qui sent bon les vignes et les convictions bien ancrées. Pour ma part, permettez-moi cette élégance toute suisse : ni pour, ni contre… bien au contraire — un art subtil de l’équilibre qui évite de finir plaqué dans un débat trop engagé.
Car le recrutement, vous le savez, est une mécanique fine, presque horlogère : délicate, sensible, parfois capricieuse. Et si, sur dix tentatives, six se transforment en succès… eh bien, levons les deux mains au ciel — non pas pour contester, mais pour applaudir !
Et moi, dans tout cela, funambule discret entre les volontés, les ambitions et les réalités, je tisse des liens invisibles, j'essaire de faire danser dans le plus beaux des tangos les trajectoires…
Intermédiaire entre les rêves et les signatures, j'essaie d'être celui qui, dans l’ombre des projecteurs, tente de transformer les possibles en destin.
En toute modestie :-)
Enorme. Senor Miguel, je ne vous connaissais pas cette veine epistolaire digne d'un Cervantes ovale...
SupprimerMe permettez-vous desormais de vous appeler Don Miguel ?
Supprimer¡ Claro que si !
SupprimerOui, Don Miguel plutôt papal qu'un Don Diego de la Vega, sous pseudo Zorro n'étant évidemment pas le jeu du recrutement, pas plus que voleur de poules, Zorro signifiant renard...
SupprimerSi c'était un vin, ça serait un grand champagne millésimé aérien à la bulle fine et charmeuse
En attendant, c'est peut-être moins le recrutement qui préoccupe l'UBB que la conservation de ses pépites.
SupprimerJ'entends qu'un ailier aux initiales de compte-épargne se prépare à renégocier un contrat devenu anachronique quant à sa rémunération et au nouveau statut maintenant acquis par son titulaire du fait de ses exploits; alors-même que certains de ses coéquipiers, dont le basque précité, émargent mensuellement de bien plus confortable manière. Que le salary-cap limite fortement la marge de manoeuvre du club; et que d'autres écuries lorgnent sur la pépite en question, en lui promettant certainement les émoluments espérés.
Nous voici subitement bien éloignés des valeurs arnoldiennes...
Pour être tout à fait honnête il faudrait alors parler de la vie parisienne qui est non seulement deux fois plus chère qu'à Bordeaux et qui en plus éloigne de son réel niveau rugbystique.
SupprimerJe veux parler bien sûr du cas d'école Cameron Woki qui aurait consenti une baisse importante.
""J'ai réduit mon salaire de 50 % parce que j'estimais qu'aujourd'hui, à 26 ans, je préférais gagner des titres que gagner de l'argent."
Perso, je suis pour que les joueurs majeurs gagnent beaucoup moins, jouent moins en club (le modèle Dupont avec une vraie doublure, mais, aient une liberté totale dans leurs contrats d'image.
On sait bien par exemple que le salaire proposé à Menoncello par Toulon était supérieur à celui proposé par le ST.
Mais je suis d'accord sur un point Pipiou, ces contrats espoirs, d'espoirs qui deviennent des cadors c'est une petite bombe à retardement pour le salary cap d'un club. Matis Perchaud, Nicolas Depoortere, Louis Bielle Biarrey sont dans l'effectif espoirs.
Imaginez Toulouse avec ses 10 espoirs qui ont fait plusieurs feuilles de match.
Miguel je sais bien vos contraintes, mais comme je ne vous entends que sur 100% UBB (Richard me manque d'ailleurs), forcément j'aime vous imaginer avrc un parti pris que vous n'avez pas bien sûr.🙏
C'était une manière de rêver tout haut. Comme peuvent le faire cette année les clubs de Pau, Stade Français et Montpellier par exemple, voire le Racing qui a un calendrier extrêmement favorable (au moins 5 matchs sur 6 gagnables plus ou moins facilement).
Qui aura l'honneur d'aller surprendre le ST en demi finale?
@Pipou et @ Christophe
SupprimerLe constat est juste… mais on peut quand même lui ajouter une petite pincée de sel et un trait de citron pour relever tout ça.
Aujourd’hui, fidéliser un talent, ce n’est plus juste lui faire un joli discours sur les valeurs du club autour d’un café. C’est plutôt un numéro de funambule entre “tu es indispensable”, “on doit rester équitables avec les copains” et “le salary cap nous regarde déjà de travers”. Et quand un joueur passe de “prometteur” à “phénomène”, forcément, son contrat commence à ressembler à un vieux Nokia : solide, mais clairement dépassé.
Le vrai défi pour l’UBB, ce n’est pas de sortir le chéquier façon soirée casino, mais de garder une certaine harmonie : récompenser sans déclencher une réunion de vestiaire version “on compare nos fiches de paie”. Parce qu’un groupe qui gagne, c’est aussi un groupe qui ne passe pas son temps à faire des additions.
Et puis, soyons honnêtes, quand tu formes des pépites, il y a toujours des voisins qui viennent regarder par-dessus la clôture avec un panier de billets. Le but n’est pas de mettre des barbelés, mais de donner envie de rester dans la maison : projet solide, ambiance sympa, et pourquoi pas quelques trophées en vitrine.
Au final, les valeurs ne sont pas mortes… elles ont juste dû apprendre à cohabiter avec Excel et les agents sportif.
Aaaaah, Paris… cette douce terre d’exil où ton niveau rugbystique fond à mesure que ton loyer augmente 😄
Plus sérieusement, le cas Woki est fascinant : baisser son salaire pour gagner des titres, c’est presque devenu un acte militant. À ce rythme-là, on va finir par voir des joueurs payer pour jouer les phases finales — le vrai amateurisme version luxe.
Ton modèle est séduisant : moins de salaire, moins de matchs, mais liberté totale sur l’image… On signe où? Parce qu’entre nous, si on libère vraiment les droits d’image, certains vont vite retrouver — et dépasser — leur “baisse de 50 %” avec deux-trois pubs bien placées et un partenariat montre + voiture 😏
Sur les espoirs devenus cadors, là en revanche, vous mettez le doigt sur une vraie bombe artisanale made in Top 14. Ces contrats sont des aubaines… jusqu’au jour où tout le monde explose en même temps. Et là, le salary cap te regarde droit dans les yeux en disant : “bonne chance.”
Quant à mes interventions sur 100% UBB, je plaide non coupable… disons 85% avec une clause de revoyure selon le classement 😉 Et puis rêver tout haut, c’est aussi ça le rugby : sinon, Pau, le SF ou Montpellier n’allumeraient même pas la télé.
Pour la demi contre Toulouse… soyons honnêtes : tout le monde veut les surprendre, mais peu ont la clé. Peut-être une équipe qui joue libérée, sans pression… ou alors un alignement des planètes, une pluie battante, et Antoine Dupont qui décide soudain de jouer pilier.
Bref, on parie ? 😄
🙏Merci de cet éclairage aussi instructif, passionnant que mesuré. A l'image de vos interventions radiophoniques.🙏
SupprimerCocktail Magarita
RépondreSupprimerAmusant, je réalise que hier à 18h07 je publie un commentaire ou le choix de Woki donne à réfléchir sur le salary cap et pas seulement et presque au même instant débutait l'émission 100% UBB avec Cameron Woki comme invité.
RépondreSupprimerA quand Richard et Miguel invités ensemble ?
Je crois que ça s'est produit au moins une fois.
Oui. By the way, serai sur 100 % UBB mardi 18h... pour debriefer SR-UBB
Supprimer🙏
SupprimerQue faisions-nous le 13 avril 2019 ?
RépondreSupprimerP'tite idée...
RépondreSupprimerhttps://coteouvert.blogspot.com/2019/04/federation-ouverte-des-quinconces.html?m=1
RépondreSupprimerCher Miguel à propos de chauvinisme girondin ou français, je me dois de vous préciser ma singularité.
RépondreSupprimerFan des blacks depuis toujours, mon épouse a transformé mon rêve en réalité à mon anniversaire de 2010. "On se fait un voyage en NZ l'année prochaine au moment de la CdM de rugby".
Mon poste particulier à l'éducation nationale m'a permis de négocier un aménagement de mes congés scolaires habituels.
Je me suis donc retrouvé à venir voir les Blacks gagner leur coupe du monde. Et la présence improbable de la France en finale a bousculé mes plans mais pas mes certitudes. Je devenais un vrai faux jeton à encourager les joueurs français dans l'hôtel à côté du notre. Et à leur départ et retour en bus.
Mais en réalité dans la rue, devant l'écran, j'ai pris peur.
D'abord parce que j'avais constaté le chauvinisme des blacks qui n'a rien à envier à celui de beaucoup supporters toulousains😉, bordelais et français.
Le match devenait compliqué pour les blacks et la tension palpable parmi les spectateurs. A la mi-temps, j'ai dit à ma femme qu'il valait mieux aller voir la deuxième mi-temps à l'hôtel. Le pire devenait possible. Les 10 jours restant de séjour allaient devenir un enfer. Par chance l'arbitre a bien fait son travail et les jours suivants nous avons été particulièrement bien accueillis, félicités, presque à nous remercier tellement ils étaient soulagés.
Cette année pour les joueurs de l'UBB, je parle bien des joueurs, je leur souhaite une deuxième étoile sur le maillot et une fin de parcours en top 14 assez rapide.
Juste pour leur permettre d'avoir l'occasion d'aller disputer un match en Nouvelle Zélande le 4 juillet avec une équipe compétitive composée jusqu'à 12 joueurs potentiels dans les 23.
L'UBB peut laisser Toulouse gagner son quatrième titre d'affilé et viser le bouclier l'an prochain avec une plus grande expérience internationale et légitime plus une recrue de choix (Willis) en espérant qu'il ne se blessé pas comme Du Preez.
Quel récit savoureux ! On vous imagine parfaitement, tel un agent double du rugby mondial, oscillant avec élégance entre ferveur néo-zélandaise et soutien discret aux Bleus 😄
SupprimerVotre voyage en 2010 ressemble à un rêve… avec ce petit supplément de suspense quand la France s’est invitée en finale, venant gentiment compliquer votre scénario parfaitement écrit à l’avance. Vous avez alors brillamment improvisé : encouragements aux Français à l’hôtel, prudence stratégique dans la rue… du grand art ! Un sens de l’adaptation qui aurait fait pâlir n’importe quel sélectionneur.
Et votre observation sur le chauvinisme des Blacks est délicieuse : comme quoi, même au bout du monde, l’esprit de clocher reste une valeur universelle — Nous pouvons dormir tranquille 😉
Quant à votre lecture du match et de l’arbitrage, elle est… disons… opportunément lucide ! Mais après tout, le rugby est aussi une affaire de ressentis, surtout quand la tension monte.
Pour l’UBB, j’admire la générosité de votre raisonnement : souhaiter une fin de parcours rapide pour mieux servir une noble cause internationale, voilà une vision presque philanthropique du calendrier sportif ! On sent le passionné prêt à quelques sacrifices… bien calculés 😉
Et laisser Toulouse filer vers un quatrième titre ? C’est à la fois audacieux… et terriblement réaliste. Pendant ce temps, vous préparez déjà l’avenir avec une UBB renforcée et ambitieuse — à condition, bien sûr, que les corps (Cf. Du Preez) tiennent aussi bien que les intentions.
Au plaisir de lire la suite de vos aventures (idéalement avec un maillot réversible, on ne sait jamais 😄)
@Miguel, en tant qu'observateur avisé des us et coutumes de votre profession vous aurez pu apprécier la manière dont la prolongation de Lucu a été faite dimanche, juste avant le match au moment de la présentation des équipes.
RépondreSupprimerUne vidéo sur grand écran
https://www.instagram.com/reel/DXEa_mbjD7l/?igsh=MTlyN29pODNveGw5ZQ==
A comparer avec la prolongation de Dupont où le rôle de l'agent a été mis en valeur🤔 🤣🤣
J’ai en effet noté la mise en scène… et je dois dire qu’elle avait le mérite d’être parfaitement raccord avec l’essentiel : mettre en lumière le joueur, et uniquement le joueur. Après tout, ce sont bien eux les véritables stars du jeu — ceux qui prennent les coups, les décisions, et parfois même la lumière en pleine figure 😉
SupprimerLa comparaison avec d’autres annonces est intéressante… mais disons qu’il existe plusieurs façons d’aimer la lumière. Certains la dirigent vers le terrain, d’autres aiment s’y réchauffer un peu plus longtemps 😄
Dans notre métier, il faut d’ailleurs rester vigilant : la lumière met en valeur le joueur… mais elle peut très vite éblouir — voire aveugler — l’agent s’il oublie où est sa vraie place.
Alors oui, belle mise en scène pour Lucu : sobre, efficace, au service de celui qui fait le jeu. Et au fond, c’est peut-être ça le vrai luxe dans le rugby… savoir rester dans l’ombre quand le projecteur est parfaitement placé.
Si les signatures arrivent encore sur un plateau, le financement arrive aussi sur des plateaux sous la table.
RépondreSupprimerSachant qu'il faut assumer tout ça et que ça semble de moins en moins évident et de plus en plus funambulesque vu les résultats financiers du Top 14 à l'image de Toulouse montré du doigt, de la Pro D2 et Dax largement sanctionné, même problème aussi en Nationale où 2 clubs ont lâché prise en cours de saison.
Les valeurs restent plus compliquées à valider bien qu'il en subsiste encore à travers tous ces engrais financiers arrivant encore à produire des résultats escomptés.
C'est la terre qui s'épuise quand même. Et le bio reste aussi compliqué dans notre société de consommation avide.
Aahhh, l'espoir reste toujours d'être cador plutôt que caduque mais les voies de la félicité et le salary cap commencent à voir leur direction
s'écarter de plus en plus. Surtout que ces compétitions consomment de plus en plus de joueurs, et des bons, dont il faut aussi encore plus bien gérer leur santé physique et mentale
À vous lire, on sent une vraie vigilance, presque une affection exigeante pour l’équilibre de notre écosystème rugby — comme un jardinier attentif qui redoute de voir son terrain s’épuiser...
SupprimerVous soulignez des tensions bien réelles : finances sous pression, modèles parfois fragiles, exigences croissantes… rien de tout cela n’est à balayer d’un revers de main. Mais peut-être le tableau mérite-t-il aussi quelques nuances supplémentaires, histoire de ne pas sombrer trop vite dans une mélancolie de fin de saison.
Car pendant que le haut niveau donne parfois le vertige, le rugby continue de vivre, de vibrer, et surtout de se transmettre. Et c’est peut-être là que se trouve une partie essentielle de la réponse : le salut du rugby passe avant tout par le rayonnement du rugby amateur. C’est lui qui forme, qui ancre, qui nourrit — bref, qui entretient durablement la fameuse “terre” que vous évoquez.
Le rugby professionnel, lui, reste ce qu’il doit être : un spectacle. Parfois brillant, parfois excessif, souvent exigeant… mais un spectacle quand même. Et comme tout spectacle, il peut connaître des effets de lumière, des zones d’ombre, et quelques déséquilibres — sans pour autant remettre en cause l’ensemble de l’édifice.
Et au milieu de tout cela, il y a toujours les joueurs qui ne théorisent pas la fatigue, les coups, les blessures, les peines, mais continuent de jouer, progresser et faire vibrer les tribunes… preuve que le terrain, malgré tout, reste un peu fertile.
Bon ben, Don Miguel, avec vous je peux laisser le club house ouvert et les clefs sur la porte. La forme (onctueuse) le dispute au fond (éclairé). Et votre appetit epistolaire est bken nourri par votret maitrise de l'ecosysteme ovale.
RépondreSupprimer