jeudi 14 mai 2020

Garuet, vers de contact

Sur le pré conçus, les clichés ont la vie rude. Comme si, en rugby, l'épaisseur d'un homme ne pouvait se mesurer qu'à son tour de cou. En ce cas, Jean-Pierre Garuet appartient à la catégorie des impressionnants, ces artistes en gros avec lesquels commence le jeu. Devant, donc. Si l'Afrique du Sud, grâce au docteur Danie Craven dans les années cinquante du siècle dernier, fut "la première nation à expérimenter la technique moderne du jeu de première ligne", ainsi que l'écrit Andrew Mulligan dans Ouvert l'après-midi, la France y a apporté ensuite une contribution plus que déterminante dans le sillage d'Alfred "The Rock" Roques et ce dès 1958.
Il n'y a donc pas de force que basque et, dans les années quatre-vingt, le Lourdais Jean-Pierre Garuet s'inscrivit dans cette recherche d'excellence, lui l'ancien flanker formé à l'école montoise. Mais le plus célèbre marchand de pommes de terre de l'hexagone a poussé notre étonnement très loin quand je lui ai demandé, durant ce confinement, où il puisait ses sources d'enchantement.
"Je suis porté sur la poésie", nous a-t-il dit d'un ton gracieux. Passion qui remonte à l'enfance. "Dans ces âges d'adolescence, je suis parti en pension dans le privé, du côté de Nay, et quand j'étais sanctionné, au lieu d'écrire bêtement des lignes en guise de punition, mon professeur nous demandait d'apprendre par cœur un poème. Et bien ça m'a plu et ça m'est resté. Depuis, je m'entretiens régulièrement en récitant Ronsard, Du Bellay, Lamartine, Victor Hugo, La Fontaine, Verlaine. Je m'y régale." On peut surtout imaginer quel élève dissipé il fut pour avoir appris autant de vers en retenue...
A Lourdes, surtout à Lourdes, la bure ne fait pas le pénitent. "Les gens se trouvent surpris de voir ce gros pilier aimer la poésie. Ce n'est pas que nous sommes incultes mais, nous, devant, nous passons pour de gros bourrins, et ça me faisait plaisir quand je jouais de montrer que de temps en temps, je pouvais déclamer un petit poème et de les surprendre. Et parfois, ça me vient naturellement et je me récite, juste pour moi, quelques poèmes." Nous l'écoutons déclamer, à l'autre bout du fil.
Comme d'autres avants internationaux de sa génération, Jean Condom et Pascal Ondarts, par exemple, ou ceux de la génération d'avant, tel le troisième-ligne international agenais Michel Sitjar, Jean-Pierre Garuet est un émotif. "J'aime la subtilité contenue dans la poésie. Elle me touche. Je suis très sensible aux effets de la rime. En fait, je suis un sensible. Très sensible, hop là... C'est peut-être ma face cachée. Parce que lorsque tu es joueur de première-ligne, jamais tu ne montres vraiment qui tu es. Ton adversaire ne doit rien percer de toi. C'est quelque chose qui t'appartient. Pour faire le moine, en mêlée, il faut revêtir l'habit, comme on dit."
Il y a ce que l'on partage et puis ce qu'on ne voit pas. L'intimité d'une équipe, ces petits moments, ces instants minuscules, qui tissent les liens. "Même si le milieu rugbystique n'est pas vraiment porté là-dessus, en tournée ou simplement en troisième mi-temps, sans vouloir me mettre en avant il m'est néanmoins arrivé de réciter des poèmes. Mais seulement devant mes copains, seulement eux, c'est-à-dire un petit nombre de coéquipiers choisis, comme mon ami Didier Sanchez, pas exemple. Pas grand monde, en fait..." René Char, ancien deuxième-ligne, aurait apprécié.
Il faut imaginer Jean-Pierre Garuet, Horace très coriace, marquer sa journée d'une tirade, déclamer pour lui seul. Mais pas que. "Il m'est arrivé de surprendre quelques dames journalistes en leur récitant des poèmes. Elles venaient réaliser un reportage sur les gros piliers de rugby, des gars qu'elles prenaient pour des balourds, et ça les surprenait... Sans être bac plus cinq, on a fait un peu d'études, quand même... Se battre sur un terrain, oui, de trois heures à quatre et demi, mais après il y a une vie." Rimée.
Vous le savez, nous travaillons, Benoit Jeantet et moi, sur le trait d'union placé entre la littérature et du rugby. Au contact des internationaux, j'avoue d'heureuses surprises, des échanges fructueux, des rebonds favorables. Même si le rugby professionnel, ainsi que le constate Alain Gaillard, est "acculturant", il ne faut jamais désespérer de la suite. Jean-Pierre Garuet, l'un des derniers amateurs, regrette pour sa part, mais sans généraliser, l'usage immodéré du pouce plutôt que le travail de mémoire.
"Aujourd'hui, les jeunes internationaux qui partent en tournée se regardent la main où il y a le téléphone, nous, pour passer le temps dans l'avion, en emmenait des bouquins. Moi, c'étaient des anthologies de poésie." A ce titre, ceux qui sont sensibles à cet art se procureront Notre rugby, de Pierre Présumey (Hauteur d'homme, 2016) ainsi que Rugby et poésie, de Eric des Garets et Donation Garnier (Atelier Baie, 2014). Ainsi donc la rime et le rugby s'arriment.

156 commentaires:

  1. Merci Richard de ce beau papier qui nous fait découvrir un homme alors que nous connaissions le fabuleux pilier qu'il fut ....je suis sur qu'il a l’anthologie de Pomipidou

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    1. De rien, Marc. Un plaisir. La poésie, en cette période bizarre - dedans-dehors mais pas trop - est une magnifique opportunité de voyager immobile.
      Je vais demander à Jean-Pierre, quand il m'appellera, quelles sont ses anthologies...

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    2. ah oui l'anthologie de Pompidou, ma préférée ! Pas vraiment étonnée par JP Garuet, ici aussi notre 1ère ligne a ses poètes à commencer par Jan Lou qui nous livra un jour un bel haïku sur la vague ou Allan, hélas moins présent, qui nous écrivait de succulents quatrains ...
      Notre rugby que tu cites est excellent, j'y ai trouvé un jour une évocation de la mêlée, et je l'avais noté au cas où mais je ne me souviens plus de l'auteur ... qui le sait ? Donc le voici :

      Evidence de la mêlée

      Il saute aux yeux que c'est bien elle
      Qui donnait à ce jeu son coeur
      La mêlée concentrait en elle
      Son suc et ses chaudes humeurs
      A tenir bon sur ses cinq mètres
      Il y avait une grandeur
      A gagner quatre centimètres
      On soulevait une clameur
      Et l'on trouvait à cette école
      Que c'est à peine un déshonneur
      D'empoigner l'autre aux roubignoles
      Quand il faut laver son honneur
      On avait souvent sur la panse
      Une bave, un sang, des sueurs
      Dont c'est manquer d'élégance
      De rechercher le possesseur
      Et dans la bouche ou la narine
      Un goût proche venu d'ailleurs
      Dont la nature et l'origine
      Ne demandaient pas d'enquêteur
      Cette fesse ou cette moustache
      Peuvent elles vous faire horreur
      Quand vous savez que l'autre mâche
      Même herbe de même couleur ?
      La mêlée quand je m'y replonge
      Me donnait le rare bonheur
      D'étreindre en l'autre comme en songe
      Un égal d'égale valeur

      Juste un hommage ...

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    3. Le pilier, premier entre ses égaux.
      Je ne sais de qui est ce poème

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    4. Il semblerait que ce soit Pierre Présumey, pilier droit, et auteur de tous les poèmes de Notre rugby, en farfouillant sur Google, j'ai vu que Benoit a participé à une rencontre avec lui en 2019 Table ronde : ''Rugby des villes et rugby des champs''... Cela dit, JP Garuet est plus vraisemblablement amoureux de la poésie en général, pas celle consacrée à son sport .


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    5. J'aurais aimé organiser une rencontre entre Sitjar et lui.

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    6. Les riches heures de la poésie française.
      Luc Decaunes
      1979

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  2. On n'est pas prêt de retrouver cette promiscuité!

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  3. J'imagine que le collège privé à cote de Nay est celui de Betharram. La Garuche a eu de la chance qui a gagné le droit d'y être puni:ils ne m'ont même pas accepté!Trop cancre ...
    Bernard Landais

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  4. regardez cette vidéo de Garuet racontant la coupe du monde 87 ...on se régale
    https://www.youtube.com/watch?v=Vzl3_9ZRTio

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    1. tu as vu ? il dit "on n'avait pas des enfants de choeur" et Midol a titré " des enfants de coeur" ! Ils ont dû être subjugués par ce qui émanait de lui ... grand bonhomme !

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  5. Quelle belle chronique,et toujours un plaisir quand on évoque les piliers, ces drôles de mammifères au sang froid, ou chaud, très.
    Je défie sans crainte quiconque n'a jamais porté le un ou le trois d'y comprendre quelque chose !
    Un pilard n'est jamais la par hasard,et tous ceux avec qui je n'ai jamais respecté les gestes barrière , ça fait beaucoup, sont, trois décennies plus tard, toujours très fréquentables.
    Quand au Garuche dont auquel qu'on cause, il ne nous fera pas mentir.
    Allez Béru,Denis,Alain, Mimi, Lulu,Roger, Lafleur,Totote,.....émotion, merde .

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    1. quand j'ai lu "La mêlée quand je m'y replonge
      Me donnait le rare bonheur
      D'étreindre en l'autre comme en songe
      Un égal d'égale valeur " j'ai pensé que c'était écrit pour toi !

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    2. J'imagine que tu as lu "la confrérie des gros" de mon excellent collègue Jean Christophe Collin ?

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  6. je ne résiste pas a vous mettre ces 13 mns de pur bonheur de voir ce rugby pratiqué lors de France Ecosse coupe du monde 87 ...régalez vous encore ; comment est on passé de ce rugby a aujourd'hui ?
    J'avoue que pour moi c'est incompréhensible ...on voit Berbizier faire les touches ...

    https://www.youtube.com/watch?v=bkoLl_1DaOo

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    1. Le 1/2 mélée lanceur en touche ça s'est eu vu d'autres fois. Du bon Charvet. J'aimais pas trop Mesnel tjrs à vouloir passer la ligne qui bouffe une belle occas au cours de ces 13 mn. Belle EDF globalement. Mais 20/20 quand même. Grosse équipe d'Ecosse aussi à cette époque là. Peut être une ëpoque où ils étaient le plus réaliste et pragmatiques

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    1. De pilier à poète ou comment rimer sans distanciation...

      Moins lourde fut sa peine
      A se bourrer de poèmes
      De Lamartine ou Verlaine
      Dilemme suffit à sa peine
      Délurons nous pas souvent
      Pilier, fit ! que de poètes
      De sa tête s'activant
      Poings toujours en quête
      S'égarant en mélées
      Mais garant de l'esprit
      D'élève balourd désolé
      A rimailleur pas si malappris
      In fine le je(u) fut ovale
      Pour que l'homme s'emballe

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    2. Je savais que tu viendrais intercaler Sergio... belle percée

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    3. En vers mais pas contre tout contact...

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  9. Gros match d'Erbani.
    Et oui, comment est-on arrivé au rugby d’aujourd’hui? Quoi que, "comment?", est encore explicable. Mais, c'est surtout, pour moi, le "pourquoi?" qui me pose problème.
    Je dis et je répète que le grand avantage aujourd’hui, lorsqu'on parle du passé et que l'on me traite, au mieux de passéiste, au pire de vieux con grincheux, c'est qu'on peut juger sur pièce. Et je suis toujours prêt à argumenter sur les jeux d'hier et d'aujourd'hui; pas dans le flou de la mémoire, mais sur le vision des matches en entier et en réel.
    A ce propos, je regrette que la télévision, "FR2" en l’occurrence, la dite et proclamée chaîne du rugby,, ne fasse pas comme le chaîne "L'Equipe" avec le vélo. Des matches comme France/Pays-de-Galles 1965, Barbarians/All-Blacks 1973, France/ All-Blacks 1999 et beaucoup d'autres encore feraient certainement sainement réfléchir l'ensemble du public sur les mystifications que l'on nous propose. Mais là est peut-être la réponse.

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    1. Ce n'est pas une question d'époque. Bannerman avec l'Écosse au début du siècle dernier. Julien Pierre aujourdhui. D'autres sûrement.

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    2. Par ailleurs et pour en finir avec ça, ce nest tant le rugby qui change que nous.
      Il y a des mecs formidables aujourdhui comme il y avait de vrais cons à avant. Et l'inverse est vrai. France Afsud de 1961 est irregardable avec les yeux d'aujourd'hui mais mon père, 83 ans, se régale devant.
      Pour ma part je préfère Japon afsud de 2019...

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  10. Pour Aragon, "Le poète a toujours raison" "Qui voit plus haut que l'horizon".... Quelle frustration a du vivre notre JP national, à débattre en 3ème mi-temps verre de bière en main, sur l'horizon des mêlées fermées…
    Paradoxe des passions... Merci Richard de nous faire partager la belle découverte d'un autre authentique Garuet

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  11. Moins poétique peut être mais Didier Sanchez quel personnage ,amateur d'art africain ,une des personnes qui me font le plus rire, et qu'elle gentillesse !!

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    1. Tu as raison Zaza, comme il est riche le rugby ! Que de personnages intéressants ! https://www.midi-olympique.fr/article/15924-didier-sanchez-lart-en-melee

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  12. qui dit Garuet dit Jacques Fouroux , je viens de regarder un film d'une heure sur sa vie , film qui se termine sur la dernière tirade de Cyrano ...un peu de poésie ce soir pour résumé une partie de sa vie

    "Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre,
    - Ganté de plomb !
    Oh ! mais !... puisqu'elle est en chemin,
    Je l'attendrai debout,
    Et l'épée à la main !
    Je crois qu'elle regarde...
    Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde !
    Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !
    Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !
    Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
    -Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?
    Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
    Le Mensonge ?
    Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,
    Les Préjugés, les Lâchetés !...
    Que je pactise ?
    Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
    -Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
    N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !
    Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose !
    Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
    Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
    Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
    Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
    J'emporte malgré vous,
    Et c'est...
    C'est ?...
    Mon panache.

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    1. très bon choix Marco, Cyrano c'est tellement Fouroux !

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    2. Ah oui, très beau documentaire, Marco, très émouvant.
      Un écorché vif, Fouroux, dans l'exigence, un peu comme André Boniface.
      Mais gascon, bretteur et ferrailleur par essence.
      Il y a des moments rares dans le film, comme ces entraînements qu'il dirige avec ses avants dans les années 80; c'est d'une précision technique pas vraiment éloignée de ce qui se fait maintenant.

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    3. Et puis, Rostand joué par Daniel Sorano...
      le grand théâtre.

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    4. Ah Fouroux !
      Sa vie est un roman...
      Pour comprendre Fouroux sa rage et ses éclats il faut remonter à 1968.

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  13. clin d’œil a gariguette , j'avais oublié que Fouroux avait amené le FC Grenoble en finale malheureusement perdu contre le CO

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    1. clin d'oeil back : il a aussi été manager général de ton club à Orléans ! Pour la finale perdue - en raison d'une erreur d'arbitrage- c'est toujours aussi vivace à Grenoble ... le plus drôle c'est que même les jeunes joueurs sont imprégnés de cette histoire comme quoi l'Histoire d'un club se transmet bien et pas seulement les victoires !

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    2. sauf qu'Orléans ne devait surement que le faire vivre , alors que Grenoble fut un véritable challenge puisque la finale ...il n'y a pas photo

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    3. Ben si, y a photo, pleine page sur l' Équipe du lendemain, probablement censuré a l'espace café des laboratoires Fabre 😲😲
      Allez Marco,taquin !

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    4. Janlou je pense que Marco voulait dire qu'entre le passage de Fouroux à Orléans et sa chevauchée fabuleuse à Grenoble il n'y a pas photo 🏈😉🐙

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    5. Oui Jan lou c'était le rapport entre Orléans et Grenoble ou il n'y avais pas photo...Orléans j'y ai joué et j'ai passé 3 belles années avec l'équipe mais dés le lendemain de mon diplôme je suis vite parti car pour un sudiste comme moi , c'était le Nord ...style Galabru ahahaah

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  14. Ce jour dans l'Equipe, lumineuse et lucide interview de Thierry Dusautoir.
    Extrait: "Et quand je parle de double projet, ce ne sont pas forcément des études universitaires de cinq ou six ans, c’est aussi s’intéresser à d’autres choses, nourrir son esprit".
    Par exemple la poésie pour un pilier de mêlée...

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  15. Et si chacun nous venait poster les poèmes que nous aimons ? Je me disais que je n'adore pas forcément ce qui rime - je ne déteste pas non plus ...- et j'ai pensé à Baudelaire et ses Petits poèmes en prose dont j'extrais celui ci :

    ENIVREZ-VOUS



    Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

    Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

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  16. Oisive jeunesse
    A tout asservie,
    Par délicatesse
    J'ai perdu ma vie
    Ah! Que le temps vienne
    Où les cœurs s'éprennent.
    ........................
    J'ai tant fait patience
    Qu'à jamais j'oublie;
    Craintes et souffrances
    Aux cieux sont parties.
    Et la soif malsaine
    Obscurcit mes veines
    .......................
    Juste pour répondre un peu à Baudelaire. Mais on pourrait abonder dans son sens avec Boris Vian.
    Et puis écouter ce poème par Colette Magny. Magnifique.

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  17. "J'ai aimé rouler paresseusement, en Espagne, sur les routes secondaires qui tournent entre les friches recuites de l'été, épineuses et odorantes, pendant des lieues et lieues sans rencontrer un village" Carnets du grand chemin, Julien Gracq

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  18. L ‘Emmuré

    S’il respire il pense à l’encoche
    Dans la tendre chaux confidente
    Où ses mains du soir étendent ton corps.

    Le laurier l’épuise,
    La privation le consolide.

    O toi, la monotone absente,
    La fileuse de salpêtre,
    Derrière des épaisseurs fixes
    Une échelle sans âge déploie ton voile !

    Tu vas nue, constellée d’échardes,
    Secrète, tiède et disponible,
    Attachée au sol indolent,
    Mais l’intime de l’homme abrupt dans sa prison.

    A te mordre les jours grandissent,
    Plus arides, plus imprenables que les nuages qui se déchirent au fond des os.
    J’ai pesé de tout mon désir
    Sur ta beauté matinale
    Pour qu’elle éclate et se sauve.

    L’ont suivie l’alcool sans rois mages,
    Le battement de ton triangle,
    La main-d’oeuvre de tes yeux
    Et le gravier debout sur l’algue.

    Un parfum d’insolation
    Protège ce qui va éclore

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  19. Le second secret s'y dévoile,
    Le second secret s'y dévoile,
    Le maître énamouré en un défi fictif
    N'affirme ni ne nie en son centre invisible
    Il signifie, rendant tous les futurs possibles
    Il établit, permet un destin positif.
    Ressens dans tes organes la vie de la lumière !
    Respire avec prudence, avec délectation
    La voie médiane est là, complément de l'action,
    C'est le fantôme inscrit au cœur de la matière
    Cœur de la matière
    Et c'est l'intersection des multiples émotifs
    Dans un noyau de vide indicible et bleuté
    C'est l'hommage rendu à l'absolue clarté
    La racine de l'amour, le cœur aperceptif.
    Ressens dans tes organes la vie de la lumière !
    Respire avec prudence, avec délectation
    La voie médiane est là, complément de l'action,
    C'est le fantôme inscrit au cœur de la matière
    Au cœur de la matière
    Au cœur de la matière
    Le second secret s'y dévoile !
    M. Houellebeck

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  20. J'aime bien cuilà aussi et le titre, la possibilité d'une île... Mélange mélancoespoir

    Ma vie, ma vie, ma très ancienne,
    Mon premier vœu mal refermé
    Mon premier amour infirmé
    Il a fallu que tu reviennes

    Il a fallu que je connaisse
    Ce que la vie a de meilleur,
    Quand deux corps jouent de leur bonheur
    Et sans fin s'unissent et renaissent.

    Entré en dépendance entière
    Je sais le tremblement de l'être
    L'hésitation à disparaître
    Le soleil qui frappe en lisière

    Et l'amour, où tout est facile,
    Où tout est donné dans l'instant.
    Il existe, au milieu du temps,
    La possibilité d'une île.

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  21. Ça commence doucement comme une première rencontre
    Et puis.....

    Au premier temps de la valse
    Toute seule tu souris déjà
    Au premier temps de la valse
    Je suis seul mais je t'aperçois
    Et Paris qui bat la mesure
    Paris qui mesure notre émoi

    Et Paris qui bat la mesure
    Me murmure murmure tout bas

    Une valse à trois temps
    Qui s'offre encore le temps
    Qui s'offre encore le temps
    De s'offrir des détours
    Du côté de l'amour
    Comme c'est charmant

    Une valse à quatre temps
    C'est beaucoup moins dansant
    C'est beaucoup moins dansant
    Mais tout aussi charmant
    Qu'une valse à trois temps
    Une valse à quatre temps

    Une valse à vingt ans
    C'est beaucoup plus troublant
    C'est beaucoup plus troublant
    ......ect ....
    Allez, c'est du Belge !

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  22. Art poétique
    "De la musique avant toute chose,
    Et pour cela préfère l’Impair
    Plus vague et plus soluble dans l’air,
    Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

    Il faut aussi que tu n’ailles point
    Choisir tes mots sans quelque méprise :
    Rien de plus cher que la chanson grise
    Ou l’Indécis au Précis se joint.

    C’est de beaux yeux derrière des voiles,
    C’est le grand jour tremblant de midi ;
    C’est par un ciel d’automne attiédi,
    Le bleu fouillis des claires étoiles !

    Car nous voulons la Nuance encor,
    Pas la couleur, rien que la Nuance !
    Oh ! la nuance seule fiance
    Le rêve au rêve et la flûte au cor !

    Fuis du plus loin la Pointe assassine,
    L’Esprit cruel et le Rire impur,
    Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
    Et tout cet ail de basse cuisine !

    Prend l’éloquence et tords-lui son cou !
    Tu feras bien, en train d’énergie,
    De rendre un peu la Rime assagie.
    Si l’on y veille, elle ira jusqu’où ?

    Ô qui dira les torts de la Rime !
    Quel enfant sourd ou quel nègre fou
    Nous a forgé ce bijou d’un sou
    Qui sonne creux et faux sous la lime ?

    De la musique encore et toujours !
    Que ton vers soit la chose envolée
    Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
    Vers d’autres cieux à d’autres amours.

    Que ton vers soit la bonne aventure
    Éparse au vent crispé du matin
    Qui va fleurant la menthe et le thym…
    Et tout le reste est littérature."

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    1. Il me semble que ça colle bien avec les deux sujets que j'ai lancés sur ce blog : poésie et littérature.

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    2. Littérature ( Robert Desnos )

      Je voudrais aujourd'hui écrire de beaux vers
      Ainsi que j'en lisais quand j'étais à l'école
      Ça me mettait parfois les rêves à l'envers
      Il est possible aussi que je sois un peu folle

      Mais compter tous ces mots accoupler ces syllabes
      Me parait un travail fastidieux de fourmi
      J'y perdrais mon latin mon chinois mon arabe
      Et même le sommeil mon serviable ami

      J'écrirai donc comme je parle et puis tant pis
      Si quelque grammairien surgi de sa pénombre
      Voulait me condamner avec hargne et dépit
      Il est une autre science où je peux le confondre.

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  23. Pour moi ...le voyage et la Province si chères a mon coeur

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
    Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

    Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
    Que des palais Romains le front audacieux,
    Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

    Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
    Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

    Ce cher Joachim ...bonne soirée

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    1. Poème musical...

      Des notes tombent en trombes
      De la trombine du trombone

      Des notes qui dénotent
      Avec d'automnaux tons tintant
      D'un duo qui détonne

      Des notes tombent en trombes
      De la trombine du trombone

      Et une cloche hoche
      De sa tête tintinnabule

      Et le temps se fait tard
      D'un fêtard tintamarre
      En trombine trombone
      Et hochement de cloche

      Emmanuel Alix

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  25. En Arles
    Paul-Jean Toulet

    Dans Arle, où sont les Aliscams,
    Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
    Et clair le temps,

    Prends garde à la douceur des choses.
    Lorsque tu sens battre sans cause
    Ton coeur trop lourd ;

    Et que se taisent les colombes :
    Parle tout bas, si c’est d’amour,
    Au bord des tombes.

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  27. Revenons à plus de classique, j'ai déniché ce texte de François Villon, ou Ronsard, on est pas sur !

    Quand l'Equipe de Perpignan s'en va jouer à Montauban,
    Elle est battue évidemment par l'équipe de Montauban.

    Et quand l'équipe de Montauban s'en va jouer à Perpignan,
    Elle est battue c'est évident par l'équipe de Perpignan.

    Honneur aux forts, c'est la loi du sport, vas-y petit c'est ça le rugby.
    Quand l'équipe de Perpignan s'en va jouer à Montauban, ils engrossent évidemment quelques filles de Montauban,

    Et quand l'équipe de Montauban s'en va jouer à Perpignan, ils engrossent c'est évident quelques filles de Perpignan.
    Honneur aux forts, c'est la loi du sport, vas-y petit c'est ça le rugby.

    Les fils des filles de Perpignan faits par les joueurs de Montauban font du Rugby quand ils sont grands dans l'équipe de Perpignan.
    Mais les fils des filles de Montauban faits par les joueurs de Perpignan jouent au rugby quand ils sont grands dans l'équipe de Montauban.
    Honneur aux forts c'est la loi du sport, vas-y petit c'est ça le rugby.

    C'est pourquoi lorsque Perpignan s'en va jouer à Montauban ou Montauban à Perpignan, et Perpignan et Montauban, ils se demandent si Perpignan ne jouent pas contre Perpignan quand on rencontre Montauban et c'est pour ça évidemment que quand l'équipe de Perpignan s'en va jouer Montauban, elle est battue évidemment par l'équipe de Montauban qui est battue c'est évident, quand elle joue à Perpignan,

    C'est pour ça que tout le monde est content à Perpignan et Montauban.
    Honneur aux forts, c'est la loi du sport, vas-y petit c'est çà le rugby.

    Allez, pardon les frangins !

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    1. Jan Lou j'adore ton humour ...c'est excellent

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    2. https://www.youtube.com/watch?v=uQzAZ-U6uug pour toi

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  28. Un poème néo-zélandais Robert J Pope

    KINDNESS ON THE FIELD


    Be kind to the hooker, or else in the scrum
    Thy poor tender shins he will hack;
    Or take the first chance that is offered to him
    Of planting his foot in your back.
    Be kind to the hooker, he’s hidden from view,
    And can work his revenge in the dark,
    So if you insult him, as sure as you’re born,
    He’ll deprive you of some of your bark.

    Be kind to the half-back, he’s nippy and sly,
    And will grab you when rounding the scrum,
    Or will collar you low, your heels up he’ll throw,
    And bang on the ground you will come.
    Be kind to the half-back, that watchful young man,
    If you hurt him he’ll likely feel wild;
    And if he should meet you again in the field,
    You’d probably know why he smiled.

    Be kind to the winger, or you he may prod
    In the home of your afternoon tea;
    He’s fond of a scrap, and won’t mind a rap
    If your eye comes to grief on his knee.
    Be kind to the winger, he’s out for a go,
    And promptly pays all that he owes;
    So be careful to give him no more than his due,
    Or he’ll give you the change on your nose.

    Be kind to three-quarters, they’re heady and strong,
    And can run like their master, Old Nick;
    So if you tread hard on their corns beg their pardon,
    Or limp off the field with a rick.
    Be kind to three-quarters again let me say,
    For their hatred of roughness is such
    That, if you should fend them, or neatly upend them,
    You’ll travel henceforth on a crutch.

    Be kind to the full-back or, when in his grip,
    He’ll handle you roughly for sure.
    He’s a virtuous fellow, and hates fast young men,
    So take care that your language is pure.
    Be kind to the full-back, ’tis kindness well spent,
    Don’t approach this stern player with vim;
    If to score you must try, put your collar-bone by –
    A collarbone’s nothing to him.

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  29. De l'humour, de l'understatement, du dur ... bref de l'anglosaxon! 😉

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    1. d'un auteur inconnu un très long poème "for ex players " dont j'extrais quelques couplets, le titre est "why we played te game " ...

      When the battle scars have faded
      And the truth becomes a lie
      And the weekend smell of liniment
      ... Could almost make you cry.

      When the last rucks well behind you
      And the man that ran now walks
      It doesn't matter who you are
      The mirror sometimes talks ...
      From the first time that you laced a boot
      And tightened every stud
      That virus known as rugby
      Has been living in your blood

      When you dreamt it when you played it
      All the rest took second fiddle
      Now you're standing on the sideline
      But your hearts still in the middle ...

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    2. C'est mon copain Finlay calder qui m'avait fait découvrir ce text

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    3. Poète australien plutot renommé down under.

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  30. Art Ovale

    Du rugbystique avant toute chose,
    Et pour cela préfère le Flair
    Plus French et plus soluble dans l'air,
    Sans rien en lui qui pèse mais qui ose.

    Il faut aussi que tu n'ailles point
    Choisir ton équipe sans quelque méprise :
    pas mieux que l’attaque qui grise
    Où Dupont à Fickou se joint.

    Des beaux ballons envoyés derrière,
    Rencontre tremblante à quinze heures,
    C'est, par un ciel d'automne attiédi,
    Le bleu jaillit des lignes arrière !

    Car nous voulons la Geste encor,
    Pas de frontal, rien que nuance !
    Oh ! la nuance seule fiance
    Le rêve au rêve et le cuir au corps !

    Fuis la Percussion assassine,
    L'Esprit cruel, le Ruck impur,
    Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
    Et tout cet oïl de basse cuisine !

    Prends la sûreté, tords-lui son cou !
    Tu feras bien, en train d'énergie,
    De rendre la modération dégourdie.
    Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

    Qui dira les torts des plans de jeu ?
    Quel Anglais gourd ou quel Aussie fou
    Nous a forgé ces schémas d'un sou
    Qui, sous l’enjeu, sonnent faux et creux ?

    Du Jeantet encore et toujours !
    Et Montaignac, prose envolée
    Verdier, Blondin, âmes démarquées
    Vers ce beau jeu de beaux atours.

    Que ton verre soit la bonne aventure
    Rempli au vent charmé du matin
    Qui va versant l’absinthe et le vin...
    Et tout le reste est litre, et ratures.

    Richard Escot, d’après Paul Verlaine

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    1. Petit moment d'inspiration poétique entre deux traits de prose.

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    2. J'ai effectué quelques légères améliorations depuis. Mais c'est toi qui m'as inspiré. Avec le poème de McCall. Et puis aussi te dire, à cette occasion, que ton commentaire sur la deuxième chronique littéraire nous a inspiré (là encore) Benoit et moi, pour aller chercher plus avant le lien entre joueurs et littérature et poésie.
      Pour ça, merci.
      La biz

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    3. Ca va nous aider considérablement pour notre livre à venir qui pour l'instant est à l'état de manuscrit d'une centaine de pages, quand même ;-)

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    4. Hé bien tant mieux ! Que de bonnes nouvelles !

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  31. Poésie amateure d'un rugbyman de série...

    Pourquoi jouer le dimanche quand samedi soir est sacré ?
    On se partage deux lacs de café à peine retrouvés
    Dans ce club-house on enterre les défaites, on marie les victoires
    A ce comptoir qui supporte les gazelles et les armoires.
    On se réveille, on blague, au milieu des photos d'antan
    Et de trophées sûrement gagnés par des dirigeants

    Mais comme au taff, il y a un chef et faut faire fissa
    Direction les vestiaires pour mettre tout ce que l'on a
    Crampon à vis, vaseline, vicks et straps
    Maillot moulant et short trop grand
    Les fers claquant le carrelage
    On est prêt pour l'échauffement
    En fait s’échauffer
    N'est pas le terme approprié
    On se crame, c'est plus du lactique, C'est du dramatique
    On devait faire peur à l'adversaire,
    Avec des séries de pompes infinies
    Mais on a un genoux à terre
    Devant l'entrée du vestiaire

    Les entraîneurs sont les seuls entraînés
    Et nous joueurs attendant le coup de sifflet
    On bouge, on fume, on bout
    Faut bien un discours pour que l'on explose
    Personne n'ose broncher, le capitaine est en pleine prose
    Il ne prescrit rien mais nous donne la dose
    Trois bouffes 8 essais 400 plaquages
    A la mi temps on a fait qu'un tiers du contrat
    On a mis trois bouffes,
    Il n'y a que les remplaçants qui se sont fait des passes.
    De jouer dans nos vingt deux
    L'équipe adverse ne se lasse pas
    On dirait même qu'ils sont chez eux

    Deuxième mi-temps grâce au courage
    De l’entraîneur qui a fini par sortir ses fils
    Grâce à la détermination de nos gros
    D'envoyer les huit d'en face chercher leurs dents dans la boue
    Grâce a nos trois-quarts qui se sont mis
    A prendre toute la profondeur
    On aurait dit un vol d'oies
    On a remonté le score et évité un carnage
    L'honneur et la gloire nous sont tombés dessus
    Et que fallait-il de plus qu'un bon club-house
    Pour renouer avec la joie d'être passé par là
    Un dimanche de plus dans ce doux comité

    Olivier Garochau

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  32. Amour, rugby, garder le contact

    Le rugby rime avec vie
    Comme amour avec toujours

    En rugby s'il n'y a pas l'envie
    En amour on est pas sourd

    Pour gagner pas de devis
    Pour aimer pas de débours

    Entre mains, Ovale vaut le détour
    D'œil en bouche le sentiment gravit

    Et on se ravit d'être au lit
    Comme au club house de Pompadour




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  33. Richard
    c'est quoi cette info ? est ce grave ?

    Bernard Laporte, le président de la FFR, a laissé entendre en Comité directeur que l'arrivée de CVC Capital Partners, un fonds d'investissement luxembourgeois, dans la société commerciale du Tournoi des Six Nations devrait être officialisée courant juin.

    bon dimanche

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    1. Ben, c'était bien dans les tuyaux en instance de nez go...
      En tout cas, pas 1 investissement à vue de nez. Les vautours de la finance pour une globalisation encore accélérée du rugby à la rue en ce moment cause Covid. C'est à la fois bien arrangeant et bien dérangeant. Parce qu'une fois passée la porte les cochons sont dans le maïs.

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    2. et ils dégustent le maïs ..les coquins de cochons

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    3. bien la première fois que quelqu'un se fait du blé avec du maïs ... plaisanterie à part, c'est une aubaine pour la FFR mais sur le long terme, galvauder ainsi le Tournoi n'est pas une bonne nouvelle pour moi mais je suis assez rétro voire même réac sur les Six Nations !

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    4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    5. En fait CVC va entrer dans la societe commerciale qui gère les droits du Tournoi. Mais rien nest encore signé. Pourquoi BL l'annonce ? Pour faire parler de lui et cest réussi...

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    6. Cvc investit 1 milliard d'euros par an minimum en Europe.
      Les 700 millions sur 6 ans pour Le tournoi cest peanuts pour les Luxembourgeois...
      Pour info ils détenaient la Formule 1 jusqu'en 2017...

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    7. Et l'Europe nest qu'un tiers de leur marché...
      Du coup filer 15 millions d'euros par saison aux fédérations des 6 nations c'est de l'aumône...

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    8. D'autant quils ne détiendront que 14 % des actions de la société commerciale...

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    9. Ah misère de misère ! Voilà qu'on nous fait l'aumône ... non pas le Tournoi, tout mais pas ça !

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  34. Ah ben restons dans la poésie alors !
    Des fonds saoudiens pour Béziers, avec Ménard et Dominici aux manettes .....
    Allez, ça fait rêver non ?

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    1. Jan Lou , ça dépend où tu met tes rêves ahahahahha , quoi que je trouverai bien que les joueurs de Béziers jouent avec le keffieh et le sarouel des Bédouins ....au moins cela aurait de la gueule ....Le SF a bien joué en rose et le racing en blazer

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    2. Je suis allée lire les commentaires des supporters de Béziers sur l'Equipe : ils sont électrisés ! Certains parlent même des descendants de Barrière, d'Estève et cie ... c'est le genre d'annonce propre (?) à réveiller les ardeurs des plus endormis . Et on rêve de Sauclières, on se fait des films ... L'argent promis n'a pas l'odeur du pétrole mais celle du Brennus ! 30 ans de pénitence et les voilà subjugués, prêts à soutenir ce plan de reconquête de leur gloire passée ... ben vous savez pas ? c'est beau ! Eh oui les amis, on se nourrit aussi de rêves, pas que ... mais de rêves assurément .

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    3. Tu as de drôles de lectures !
      Mais si les supporters sont satisfaits, s'ils ont leur ration de rêve pré-digéré et peuvent brailler tout leur saoul, c'est bien.
      L'argent n'a pas d'odeur donc, à quand une finale Béziers aux couleurs du roi d'Arabie, un grand démocrate contre le Grenoble de Pablo Escobar,par exemple, un humaniste ?
      Allez, j'avais pas rêvé ça!

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    4. Je ne juge pas j'essaie de comprendre et un peu d'expliquer, bien évidemment il ne s'agit pas de mon rêve, et à ma grande surprise les supps de Béziers ne semblaient pas plus choqués que ça l'essentiel étant à leurs yeux de recommencer l'aventure ... Ils citaient même le SF qui a accepté l'argent de Wild comme un exemple, une jurisprudence en quelque sorte .
      Après si on veut parler morale je crains que les temps soient devenus trop âpres ; le rugby sera très loin dans la liste des priorités économiques, trouver des financements sera capital et donc ... le jeu est ouvert, faîtes vos jeux .
      PS : Béziers / Grenoble au niveau des couleurs ça sera un peu compliqué ...

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    5. Qui sont aussi,d'abord, celles de Chevreuse,est il besoin de le préciser ?😀😀
      Allez, comprendre les supporters, vaste problème. ...

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    6. Il semble que le cas du multimilliardaire saoudien sur les allées Paul Riquet soit réglé avant même le coup d'envoi...

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    7. oui mais en même temps on sent que ça a réveillé des envies à Béziers, le club en grosse difficulté financière a eu un coup de pouce inespéré ( !) avec la crise du coronavirus puisque l'Etat a pris en charge - partiellement - les salaires ... le maire préférerait une solution locale - cf Midol- quant à Dominici il déclare à Midol que son investisseur mystère le suivrait quel que soit le club choisi ... bref y'a du flouze mais il n'ira pas forcément à Béziers !
      Quant aux supps ça continue à frétiller, le Midol surfe sur la vague avec une jolie bio de Vaquerin, on se remémore les instants de gloire, et alors ....et si ... ? et pourquoi pas ? Je regarde ça - de loin - en me souvenant aussi qu'un Boudjellal a pu réveiller Toulon - il y aura laissé quelques plumes ! - donc wait and see ...

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    8. Communiqué des investisseurs du Golfe:
      « Notre première venue à Béziers s'est déroulée dans le cadre d'un projet d'achat et d'exploitation de vignes.[...] L'accueil amical et chaleureux nous a fait apprécier la région [...]. Dans la chaleur des discussions, on nous a fait part des difficultés que rencontrait l'ASBH et nous avons été sollicités pour apporter notre concours. »

      Traduction: on est venus prospecter pour acheter un vignoble, comme on a beaucoup dégusté on était bourrés à la fin de la soirée, et le lendemain matin au réveil on s'est rendus compte qu'on était proprios d'un club de rugby...

      Merci qui ?
      Merci Dominici !

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    9. le communiqué est beaucoup plus long, l'offre - mirifique- court jusqu'à la fin du mois ! le feuilleton continue ...

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  35. Message de mon ami Bernard Chevalier (qui n'arrive pas à accéder au blog pour y laisser un commentaire), l'un des grands journalistes de sa génération. Et bel amateur de havanes...
    "Mon cher Richard,
    Je venais de savourer l'autre jour ton blog sur Garuet lorsque, déconfinant en douceur, je me suis fais une grille de mots croisés de feu Michel Laclos... avec pour première définition (1 horizontal) "lettres restantes selon Verlaine" en 11 lettres. J'ai ensuite soumis cette petite colle à Catherine et, devant sa perplexité, je lui ai lu l'Art poétique de Verlaine en lui disant que la réponse était dans le dernier mot du poème. Mais tout en le lui lisant, j'ai pensé à Garuche et à toi en me disant que ce texte magnifique me parlait aussi du rugby d'avant (celui d'antan tout autant que celui de Garuet!). Bref, je me disais que tu devrais écrire un bouquin là-dessus, sinon sur la poésie et le rugby, du moins sur la poétique du rugby. Et voilà que le lendemain tu nous balances un pastiche (je n'aime pas ce mot auquel Blondin et d'autres ont pourtant donné ses lettres de noblesse)!!!
    Ma génération (!) a respiré l'air poétique du rugby et ça m'en donne la nostalgie par les temps d'aujourd'hui qui ne riment plus à grand chose. Je me suis souvenu qu'en ces temps bénis mais révolus, où je voisinais en tribune de presse avec mon ami du Monde Jean Lacouture, Denis (Lalanne évidemment) qui m'avait fait l'honneur et le plaisir de son amitié, avait créé le Prix de la Gauloise (du nom de la brasserie fréquentée à l'époque par Mitterrand). Il s'agissait de récompenser le meilleur titre de presse sur le rugby... J'avais été convié aux agapes comme lauréat pour avoir titré, dans une période de bannissement du XV de France pour Jeannot, "Gachassin, la fleur qui manque au Quinze de France". Mais à la Gauloise, Denis m'a pris à part pour me dire qu'il avait convié comme invité d'honneur l'abbé Pistre et qu'il souhaitait lui décerner le titre pour son célèbre "il y a plus de joie à donner qu'à recevoir...". Bien que cela soit plus un titre de gloire qu'un titre de presse, j'étais d'autant plus heureux d'accepter ce changement de règlement que j'avais déjà enrôlé le bon abbé comme chroniqueur paroissial et rugbystique dans mon quotidien de l'époque, La Croix...
    Tout ça pour te dire qu'au delà des fleurs (de rhétorique!) la rime est riche dans le domaine de l'Impair et du décalage qui s'ensuit.
    Tu ferais ça très bien. Biz.
    Bernard"

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  36. Michel Laclos...? Moi aussi...! Et j'aime aussi la littérature...Romanesque ou rugbystique...

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  37. test : Phoque en pointillé en 5 lettres et Bonne partie du Finistère en 9 lettres .
    Sinon c'est très agréable de lire M Chevalier . On en redemande !

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  38. J'ai toujours été nul en mots croisés, mais j'en ai une jolie:

    "Petit anarchiste tchèque"
    En 5 lettres

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    1. amour parce que l'amour est enfant de Bohème ...

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    2. anarchiste parce qu'il n'a jamais, jamais connu de loi !

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    3. Top top, Gariguette, c'était un peu à tiroir (mais en la chantant, c'est encore mieux !)

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  39. Je suis un vieil accompagnateur de "feu" (comme le signale B.Chevalier) Michel Laclos et il me semble bien me rappeler la seconde définition: j'hésite entre "Far Breton" et "Bécassine". Pour la première, facile. elle est amusante.

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  40. Dans le Michel Laclos de cette semaine (n°1737), je tombe sur "Troupe locale d'autrefois" en 4 lettres. Solution: GOUM. Pour ceux qui ne connaisse pas -dont moi- je trouve la chose et sa personne, Michel Menu, très intéressant(es). Et pourtant, j'aurais dû connaître! Mais ceci est une autre histoire.

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    1. à mon avis c'est bien goum mais en rapport plutôt avec les goumiers, soit des troupes wiki dit ceci : "Les goumiers marocains étaient des soldats appartenant à des goums, unités d’infanterie légères de l'armée d'Afrique composées de troupes autochtones marocaines sous encadrement essentiellement français. Ces unités ont existé de 1908 à 1956." ce qui irait bien avec "troupe" ... sinon j'ai lu ce qui est dit du groupe des goums de Menu, intéressant ...

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    2. Les Goumiers qui ont aidé à libérer Bastia en s'emparant du col de Tighime qui domine la ville , sous le commandement du Capitaine TEN ...maman me le racontait souvent ..
      le dernier Goumier vivant a été honoré il me semble l'année dernière où il y a deux ans , ils étaient dans l'avion avec moi qui amenait une délégation l'accompagnant et c'était extraordinaire de voir ce vieil homme encore bien droit malgré un âge plus que certain ...c'était émouvant
      ce blog nous amène a tant de visions rugby et de souvenirs

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    3. Petite leçon d'histoire pour ceux qui auraient oublié , La Corse premier département Français libéré en oct 43....yesssssssssssss

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    4. Non Marc, il y avait déjà les 3 départements d'Algérie!

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  41. Dans le sillage des passes croisées voici les mots croisés... trop drôle...

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    1. y at-il une page mots croisés à l'Equipe - spécialisée sports bien sûr ?

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    2. Il y a eu, dans le temps, dans le supplément du samedi.

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  42. Je connais bien ce col, assez dur. J'étais arrivé à Bastia, de Toulon et j'allais à Piedicroce. Je me suis arrêté pour me reposer un peu et j'ai lu ce que tu dis ci-dessus. J'avais complètement oublié ce nom de Goumier.

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  43. Je viens de relire la plaque commémorative et vu des photos de ce col de Téghime. Quel bon souvenir, ce voyage...

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  44. Regardez les goums qui passent
    L'œil brûlant comme des loups.
    Quoi qu'on dise, ou quoi qu'on fasse
    Il faut bien compter sur nous.
    Sur le sol de la voie Appienne,
    Nous avons traîné nos pieds nus.
    Puis ce fut la course vers Sienne
    L'ennemi fuyait éperdu.
    Des baisers des belles romaines
    Petit goumiers, te souviens-tu ?
    Allez Chevreuse

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  45. Beau voyage, oui. C'était en 2004. Je travaillais à Badoit et je voulais voir la Source Orezza. Et l'usine. J'ai couché à l’hôtel du "Refuge" à Piedicroce. Le lendemain, visite d'usine et puis, poussé jusqu'à la mer et retour le soir. Une semaine de vélo excellent.
    Mais l'année précédente, 2003, c'était la canicule et j'adore la chaleur. En plus, grande forme cycliste. Un des meilleurs voyage que j'ai réalisé. Circuit différent, évidemment, mais l'objectif était Piana -que je connaissais déjà lors d'un autre séjour, mais différent: voiture jusqu'à Arone et rayonnements à partir de là- où j'allais retrouver des amies. Couché, cette fois aux magnifiques "Roches Rouges". Souvenir superbe.

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    1. Cher André , tu me ravit car lorsque je sens que l'on aime ma Corse , je suis comblé ...ce pays est magnifique et je peux moi en tant que corse dire que le seul problème , c'est les Corses...ahahhahahha il est évident que je n'accepterai cela de personne ..seuls nos amis Juifs peuvent raconter des histoires de Juifs ...bonne soirée

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    2. mais Marco tous les Corses que j'ai rencontrés avec toi étaient très agréables, à l'image du pays d'ailleurs .

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  46. Comme pour les Bretons (mon père), ou les Catalans (ma mère),...J'ai un ami, Alain Balaszynski, père Russe et mère Corse! Pas mal.

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  47. On reste à Béziers non pas pour discuter des projets dominiciens mais pour revenir sur la Finale 1972 racontée par Ritchie sur l'Equipe, c'était contre Brive à Lyon . Hé ben il y avait du monde en tribunes et du beau monde sur le terrain . Aparté : Moi ça me fait toujours bizarre de voir Béziers en rouge et bleu parce que c'est les couleurs de Grenoble quelque part j'ai l'impression qu'on gagne ! ( oui Janlou Chevreuse aussi ...) .
    On dirait un roman-photos, avec plein d'action(s) décortiquées par le patron . C'est le bon rugby d'avant quand on te cassait pas les burnes avec les mètres parcourus balle en main, les watts, l'arbitrage video et le mouchard placé dans le maillot . J'ai dit les "burnes" ? Oops ! pardon ça m'a échappé mais vous comprenez l'idée . Pour rester dans le rigolo y'avait quand même un joueur Cabiste nommé Boulepicante enfin ... Bref... face à ce Béziers là que vouliez vous qu'il fît? Qu'il mourût, Ou qu'un beau désespoir alors le secourût. ! répondrait Corneille . Ils ont opté ( sagement) pour le désespoir ... Un petit hein ! C'est pas Vae victis juste une grosse déception .
    Quant aux vainqueurs on les admire jeunes ( très) chevelus ( très, avec des moustaches, des pattes ... ah les fantaisie capillaires d'alors !) et surtout très contents, hilares . Ca fait plaisir, ça fait envie surtout .
    Vivement 2021 qu'on ait un champion .

    PS : pour la définition "Phoque en pointillés " en 5 lettres la réponse c'était "MORSE"

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  48. Béziers c'était la bête noire de Brive ces années-là, qui venait régulièrement buter sur eux en phases finales.
    Avec une belle photo qui rappellera des souvenirs à André Buonomo venu ici il y a peu au souvenir de Georges Domercq (qui arbitrait cette finale).

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  49. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  50. L'AS Béziers et le C À Chevreuse ne partagent pas que les couleurs très chère, mais aussi l'année de naissance !
    Le FCG doit être un peu plus vieux encore.
    Si tu veux du pas trop casse boulettes il reste les modestes talenquéres,mais faudra être tolérante sur la téquenique et la taquetique , c'est un choix !
    Allez Armand, p'têt le premier pilard moderne.

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  51. Citoyen Bonaparte,

    Les 100 jours sont écoulés comme promis! De retour d'une campagne pandémique, je prends connaissance de vos bulletins et des contributeurs assidus et fidèles. J'avoue que le ministère du rugby fût loin de mes préoccupations premières. La République traverse une guerre psychologique et scientifique qui va permettre de remettre les valeurs au centre du village sans en être certain non plus. Ma retraite active m'a permis, Consul, de revoir la pensée de l'humain et de la revisiter sous un angle bien singulier. Comme tous, ce que l'on pense, ce que l'on dit et ce que l'on fait n'ont plus le même regard. Nourri d'une philosophie de terrain, j'avoue que le virus donne un sens nouveau à la réflexion et à l'action. Le pouvoir devient vite virtuel quand on compte les morts par centaines loin des champs de batailles. Celle que j'ai vécue, dans le silence et dans la tâche, m'a permis de comprendre que l'ovale a une similitude avec le hasard, celle du tout bon ou du tout mauvais. La mauvaise foi, le mensonge s'effacent devant la réalité aussi absurde que vraie. D'avoir relu quelques pages d'histoire, d'avoir écrit quelques pamphlets sur la perfidie de l'homme m'ont fait grandir dans l'image de ce ce peut être le psychisme quand on est livré à soi même et à l'incertitude d'un lendemain sans vie. Pas de balles, pas de bombes, pas de meurtres mais le désarroi total face à soi même et face à l'adversité invisible. "Le Petit Prince" est en soi une lecture pleine d'humilité ou le désert, la lune, le renard et le soleil ne font qu'un. De côtoyer la détresse, l'abysse de la vie éternelle vous amènent à penser que tant que le cœur bat l'esprit demeure. En coulisse, les grenouillards furent plus actifs que de raison. Aujourd'hui, je peux dire que la pandémie a montré le vrai visage de ce que peut être une guerre. Les croyances s'effondrent au grès des discours ... Le doute s'installe mais l'esprit vous ramène dans le droit chemin celui de la victoire sur soi même. Beaucoup se sont battus pour des causes inverses aux résultats escomptés. La parole, les mots, les écrits résonnent comme une bouteille vide. Il est tant de partager des canons, mousseux et revigorants, qui permettront d'oublier qu'une guerre reste hélas une guerre. Relativement loin du front et de ses affres, j'ai partagé cette souffrance collective de l'ensemble du corps sanitaire et je m'en suis ému maintes fois. Général Consul, l’île d'Elbe ou Saint Hélène sont un crucifix bien moins pire qu'une asphyxie aussi soudaine que foudroyante. Bien sûr, les vils ont profité de cette situation pour asseoir leurs autorités et le rugby n'a pas échappé à cette règle. Roberval est le prix à payer pour que l'équilibre naturel attendu soit de retour. Le temps nous le dira ou pas. Comme le matador, soucieux d'une faena réussi, le taureau livre son combat comme le loup d’Alfred de Vigny. Les entrailles mettront longtemps à cicatriser. Les valeurs, la morale et le civisme finiront par triompher des miasmes de la République.
    Alors, Citoyen Consul, retrouvons cette joie du serment du jeu de paume ou nous pourrons, ensemble, nous faire des passes pleines d'humanité et d'amitié pour oublier qu'un virus est capable de nous nuire plus que de raison. De voir la lumière et non son ombre est une ode à la vie et à l'Amour.

    Les Frontignes
    le 20 Prairial
    Ch. M d Talleyrand

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    1. des "Tautor" il devrait y en avoir des dizaines de milliers!

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    2. Mais des Georges de Montauban, il y en a un seul et il est unique 👍🏽😉👏🏽

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  52. Si, il y a un autre Georges, docteur ess spécialiste gaz terre eau log et épate eau log, et un hôtel GEORGES (même pas le p'tit frère du V), tjrs vide & Co

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  53. Ne pas oublier la célèbre Brasserie Georges à Lyon Perrache.

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    1. Et puis Georges Duboeuf !
      Allez le beaujolais

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    2. Washington, Gershwin, Sand et Clooney .

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    3. Certes, mais l'idée consiste à associer Georges et Montauban. Pas facile. Sinon, bien sûr, des Georges il y en a partout et c'est moins drôle.

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    4. il ya georges Passerat,né presque à coté de Beaumont que Tautor doit bien connaître

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    5. Bien sûr que je connais Georges, natif de Comberouger. Il m'a marié et a baptisé mes 3 filles. Un puit de cultures, occitane entre autres 😉👍🏽

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  54. Paris le 2 de Prairial

    Au citoyen Talleyrand, ministre des Relations Extérieures et de la Santé des Armées

    Citoyen Ministre, enfin vous voilà ! Je ne sais ce que sont ces Cent jours que vous vous êtes infligé, ni ces allusions à l'île d'Elbe ou Sainte Hélène !! De vrai j'ai dû aller consulter mon atlas et je reste confondu : que diable irais-je faire dans cette galère ?! Cependant vous connaissez ma magnanimité et je ne saurais vous tenir rigueur de ces étrangetés ... Vous avez combattu le virus en brave, vous méritez sinon une médaille du moins notre entière considération . Citoyen Ministre, M. Locré vous remettra quinze mille francs en forme de gratification. Je désire que vous y voyiez un témoignage de ma satisfaction pour les services que vous avez rendus à l’Etat dans le courant de la campagne pandémique . Et je vous prie de faire savoir au Corps sanitaire la reconnaissance des Consuls . Ne parlez pas de pension, je verrai plus tard .
    Je vous sens amer sur les politicards, soyez sans pitié avec eux car ils ne vous rateront pas ! Toujours attaquer et frapper le premier ne serait-ce que pour effrayer les autres qui y regarderont à deux fois avant de s'en prendre à vous . Inspirez vous de ma doctrine je me crois plus avisé que vous en la matière . D'ailleurs, il y a dans votre rapport sur ces événements, des conclusions philanthropiques, mais qui n'ont encore été mises en pratique par aucun État.
    Je désire vous confier la réorganisation des services de Santé sous une forme militaire, que les ordres soient clairs et surtout suivis . Faîtes donner la troupe au besoin, il n'est aucune agence de santé que Murat ne puisse aplatir d'une charge furieuse . Que Larrey se mette sous vos ordres ; son dévouement est entier et ses idées, révolutionnaires ! Prenez tout ce qu'il vous faut, partout, en quantité suffisante, réquisitionnez sur mon ordre les personnels et les fournitures qu'il vous faut . J'ai bien d'autres ambitions vous le savez, je ne saurais que faire de soldats malades . Souvenez vous à Jaffa j'ai rencontré les pestiférés, la troupe était décimée et nous avons survécu . Ici à Paris la grippe a atteint ma chère Joséphine et sa fille Hortense , elles ont survécu .
    Nous survivrons Citoyen Ministre, c'est un ordre !
    Salutations
    Bonaparte

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