Ce qu'il y a de bien avec les amis, c'est qu'ils ne vous laissent pas dormir longtemps pendant les vacances. La première tranche de Coupe des nations avalée avec comme cerise sur le gâteau un succès au Japon - domination sans discussion mais contenu que j'ai du mal à qualifier tant l'opposition ne proposait pas beaucoup d'hermétisme défensif -, je savourais à temps complet le Tour de France. Le cavalier seul de Pogacar d'une étape à l'autre m'interrogeait, découpant des victoires à ses coéquipiers comme à ses adversaires en grand saigneur de la route comme autant de larges tranches d'une hégémonie si importante qu'il peut la partager sans risquer de manquer, et voilà qu'un complice d'Ovalie, Philippe Daubas, me transmet une photo.
lundi 20 juillet 2026
Encre sympathique
vendredi 28 novembre 2025
Mias à l'honneur
samedi 15 novembre 2025
Vide et foi
Il ne faut pas désespérer Billancourt mais quand même. Je gage que si, en fait : il ne faut pas hésiter à porter le fer dans la plaie, comme nous y encourage Albert Londres de retour d'un reportage à Cayenne. J'ai hésité à reprendre le fil de mon blog après la lourde défaite face aux Springboks. Lourde parce qu'en supériorité numérique, il n'est pas concevable de s'effondrer ainsi. Je veux bien croire que les internationaux français sont en reprise de saison et pas vraiment rodés, et que les Boks ont déjà un Rugby Championship derrière eux et jouent en affinage, mais se faire humilier de cette façon n'est pas un signal fort alors même que Fabien Galthié fait passer le message d'un jeu tricolore régénéré, amélioré, bonifié, et validé.
mardi 30 septembre 2025
Au fil des lignes
Ce n'est pas encore le Goncourt mais c'est déjà un joli challenge qui s'engage sur cette quatrième édition : choisir le meilleur ouvrage de rugby de l'année. Pour cela comptez sur un jury dont la composition doit tout à l'initiateur de ce projet, à savoir le sénateur du Tarn, Philippe Folliot, et à ses deux piliers, David Reyrat, du Figaro, et votre fidèle chroniqueur qui est, désormais, en période jubilatoire.
dimanche 23 février 2025
Des points sur les i
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, c'est admis, mais l'est-on quand on en met soixante-treize ? Toute grappa bue, faut-il vraiment prendre ce florilège d'essais pour une performance notable au point, comme l'a souligné Fabien Galthié dès le coup de sifflet final, de l'inscrire dans le large tableau qu'il a dessiné pour emmener le XV de France au Mondial 2027 ? Sans aller aussi loin, l'amplitude du score inscrit dans ce colisée moderne qu'est le stadio olimpico rapproche les Tricolores des grandes sélections nationales du sud qui, si elles disputaient le Six Nations comme elles s'étripent dans leur tournoi des quatre, ne manqueraient d'inscrire tous les points qui s'offrent à elles face à une Italie qui vient de tristement nous rappeler qu'elle avait été invitée à faire la sixième afin de border le calendrier et ravir les supporteurs jamais lassés de la cité éternelle.
Pour le coup, Rome était plutôt en mode ville ouverte à tous les vents, aux déboulés et aux débordements, aux perles enfilées par les véloces après que les coriaces aient déblayé la zone autour des rucks à grands renforts de coups d'épaules. Essai transformé aussi pour le coach aux grosses lunettes qui misait sur un banc en 7-1 pour terrasser le Nazionale, même s'il s'agissait-là d'employer un énorme marteau pour écraser un moustique. Mais le test est concluant, du moins face à un adversaire du calibre - faible - de l'Italie. Reste à voir maintenant si les Irlandais, ce dont on doute, faibliront après l'heure de jeu quand notre démiurge à larges montures choisira de faire entrer sa légion de secours dans la bataille...
Je suis le premier à le regretter mais nous n'en finissons pas d'attendre Godot, ou bien est-ce Leopold Bloom, au pied des tours Martello pour le vrai test de caractère qui permettra dans ce Tournoi au mitan de jauger un XV de France dont nous avons du mal à juger la puissance de feu tant l'adversaire qui lui été opposé cette année - que ce soit le pays de Galles ou l'Italie - n'est pas d'un calibre suffisant pour qu'on retire quoi que soit de vraiment intéressant des scores-fleuves alignés, et que celui sur lequel il s'est cassé les dents à la dernière minute a failli faire de même face à l'Ecosse, dont on connait pourtant les limites. Cette véritable évaluation n'est pas pour demain : il faudra attendre encore un peu avant de traverser la mer d'Irlande, qu'on annonce agitée.
Le championnat domestique continue pendant les travaux du Tournoi et se poursuit le rêve de Pierre Villepreux de placer l'œuf - vous apprécierez l'oblong - avant la poule, fut-elle de luxe. Du côté du Stade Toulousain et depuis quatre décennies maintenant le jeu prime sur les joueurs lesquels, interchangeables, sont au service du mouvement et non l'inverse. Aligner des remplaçants, des réservistes et des Espoirs à peine sortis du centre de formation n'a pas empêché d'offrir, face à l'Aviron bâillonné dans un stade Ernest-Wallon à guichets fermés, une performance en sept essais digne des aînés et des titulaires qui, pour la plupart, se trouvaient à Rome engagés sur un autre front.
On ne prête pas qu'aux riches : les champions de France disposent de trois demis de mêlée de classe - Antoine Dupont, Paul Graou, Naoto Saito - et de trois ouvreurs du même acabit - Romain Ntamack, Thomas Ramos, Juan Cruz Mallia - quand leurs adversaires peinent parfois à aligner une charnière décente. Devenu la principale manne du XV de France quand il était naguère paria sous l'ère Ferrasse, le Stade Toulousain profite, et il aurait tort de s'en priver, des primes de mise à disposition de ses internationaux français pour compléter son effectif et se permettra de titulariser en période de doublons sept capés (Neti, Merkler, Arnold, Willis, Mallia, Lebel, Chocobares), s'il fallait encore donner la preuve de sa profondeur de banc.
Pour autant, il y a huit ans, les Toulousains du capitaine Dusautoir faillirent descendre en ProD2. Il n'y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne et le Stade Français n'a pas besoin de GPS pour s'en apercevoir. Champions de France en 2015, les Parisiens n'ont pas le cœur, actuellement, à fêter les dix ans de leur dernier titre. Cette année-là, Arias, Camara, Bonfils, Flanquart, Burban, Lakafia, Dupuy, Danty, Slimani et Doumayrou étaient passés ou allaient passer du rose au bleu. L'entraîneur qui avait permis à cette équipe de lever le Bouclier de Brennus est le même qui a encaissé l'humiliation de Rome, à savoir Gonzalo Quesada, et l'on mesure ce qu'il faut d'amour de ce jeu et d'humilité pour, écrit le poète, rencontrer ainsi défaite après triomphe, "et recevoir ces deux menteurs d'un même front."
dimanche 1 décembre 2024
Lignes de rupture
Alors que le feuilleton du Top 14 reprenait vie après la parenthèse des tests de novembre, voilà qu'il nous faut basculer d'un seul coup sur la Coupe d'Europe et de l'Afrique du Sud, dont on se demande encore quel sens géographique il faut lui donner, si ce n'est l'aligner sur un fuseau horaire pour trouver un peu de cohérence. Bien marri après sa défaite à domicile face à Vannes, lanterne rouge du Championnat, le Stade Rochelais a domestiqué cette rupture en remportant les deux éditions charnière, preuve qu'une compétition même réaménagée reste un défi à relever.
J'aurais aimé ne pas vous parler d'arbitrage dans cette chronique, grand sujet de la semaine passée, débat qui comme le tonneau des Danaïdes, est sans fond, plutôt sans fondement au sens où il n'a pas lieu d'être. Certifier que l'arbitre a tort, c'est comme regretter que le ballon soit ovale et qu'il ne rebondisse pas toujours là où on l'attend. Il faut croire que les entraîneurs qui fulminent sur le bord de touche dans leur petit rectangle collé au grand trouve le défouloir avantageux. C'est en tout cas le bouc-émissaire idéal. Et ça ne date pas de hier.
Surpris aussi qu'un joueur important du XV de France décide de quitter le rassemblement de l'automne et Marcoussis pour rentrer chez lui, saturé, miné par l'impression d'être incompris ou mal compris. Les malentendus se transforment souvent en sous-entendus, à moins que ce ne soit l'inverse. Et voici la Ferrari tricolore qui rentre au garage. Que dit du groupe France ce mal-être du talentueux Matthieu Jalibert, préférant hypothéquer sa carrière plutôt que de souffrir sous la férule de Fabien Galthié ?
Si l'on écoute bien ce qu'a déclaré Ronan O'Gara à l'issue de la défaite de son équipe à Marcel-Deflandre face à Vannes, samedi dernier, le rugby est d'abord une histoire de "bonne attitude, d'engagement, d'agressivité et de volonté..." De confiance, aussi. Et de rythme. Certains équipes, comme Toulon et Clermont, y ajoutent de la précision technique pour faire bonne mesure, et beaucoup de liberté dans la prise d'initiatives. On ne parlera pas de Toulouse, qui a compris cela depuis plus de quarante saisons. Pas étonnant que ces trois clubs occupent à l'heure actuelle les premières places.
Le jury du prix La Biblioteca s'est réuni jeudi dernier à l'heure du déjeuner dans une agréable auberge parisienne feutrée pour désigner le meilleur ouvrage de rugby de l'année 2024. Une œuvre a été plébiscitée mais les deux autres ouvrages restés en lice jusqu'à la fin n'ont pas démérité, loin s'en faut. Le choix du jury - qui devrait être annoncé au Sénat mi-janvier 2025 - fera un beau vainqueur, qui ne manquera pas d'ouvrir de nouvelles perspectives. Elles ont nourri nos échanges, elles devraient ravir les amoureux de ce jeu.
Sous la présidence avisée du sénateur Philippe Folliot, ce fut un réel plaisir d'écouter l'ami Benoît Jeantet - lauréat 2023 - défendre le style à fond la forme, de profiter de la verve de Pierre Berbizier, de l'engouement de Laura di Muzio et de la malice de Jean-Christophe Buisson. Les mots choisis de Max Armengaud ont pesé dans les débats. Même absent, Jean Colombier a su faire entendre sa voix. Emmanuel Massicard (Midi-Olympique), David Reyrat (Le Figaro) et moi avons choisi le diapason pour nous accorder. Ces moments chaleureux pimentés d'opinions disputées ne seraient rien sans l'efficacité de Marie-Dominique Hérail, bienveillante secrétaire.
On l'a vu, on l'a lu, la multiplication des prix littéraires consacrant les meilleurs livres de sport a donné lieu cette année à un embouteillage, le Jules-Rimet et le Grand Prix Sport et Littéraire choisissant Andrea Marcolongo. Du coup, l'unification s'impose. Mais pas pour le rugby. Le prix La Biblioteca est unique dans son genre, le premier et à ce jour le seul. Qui récompense d'authentiques auteurs et pas des porte-plumes... Créé il y a quatre ans dans le sillage de Jeux de Lignes pour récompenser le rugby à l'ouvrage, il ne s'arrêtera pas en si bon chemin.
En parcourant l'éventail des sites rugbystiques anglais, j'ai appris que la fédération sud-africaine préparait activement ses futurs arbitres internationaux, et que cet objectif était même une priorité. Non contents d'avoir décroché consécutivement deux trophées Webb Ellis, les Springboks vont aussi essaimer au sifflet, sous la responsabilité de Marius Jonker. Pendant qu'en France, consultants, techniciens et anciennes gloires s'opposent au sujet de la probité de nos directeurs de jeu, l'Afrique du Sud fait l'union sacrée autour de ses arbitres. On ne s'étonnera donc pas d'avoir un peu de retard à l'allumage...
samedi 9 novembre 2024
Agape the blues
Personne n'a jamais osé affirmer que pratiquer le rugby proposait le plus court chemin vers la béatitude ou la canonisation. Il aura donc fallu attendre une tournée bidon en Argentine avec un contingent de Marie-Louise encadré par un quarteron de fêtards en guise de staff technique pour que trente ans après l'avènement du professionnalisme le rugby d'élite s'inquiète du rugby des litres au point d'interdire la troisième mi-temps pour ce qu'elle a de fatalement dionysiaque.
jeudi 17 octobre 2024
V.
Ainsi donc, V est une piste à suivre jusqu'à Stockholm ? Un dédale de suppositions décalées transportant le real deal madrilène dans les froidures suédoises et les dorures d'un poulailler de luxe ? Le séducteur a plaidé la défense de ses adducteurs et profité d'un répit accordé pour jet setter dans le froid gras tandis que ses copains les coqs poussaient péniblement le rond de cuir sans lui... Trouvera-t-on plus pathétique que cette escapade en bonnet enfoncé jusqu'au nez, volée à l'âge adulte par un millionnaire du short, enfant prodige sans but aux lacets lassés ?
J'aime V., son univers déjanté, foisonnant, extravagant, tribulant, déconcertant, pétaradant, débordant, ambitieux, intriguant ; cette quête aux confins de la folie épistolaire, quand l'imagination copule avec l'énigme. Mais qui est V ? Un pays, un femme ? Un homme ? Un secret, à coup sûr. Une interrogation qui grossit à mesure qu'elle défile. Une parodie, plus certainement, comme si Louis-Ferdinand Céline, James Joyce et John Kennedy Toole avaient décidé de s'en jeter un derrière la cravate chaque fois qu'ils accostaient dans un port ou croisaient un alligator dans les égouts.
Allez, jetez-vous sur vos étagères. Qui connait V. ? Ce roman de Thomas Pynchon large comme un fleuve, furieux comme un dégel, bardé de mille écueils, riche de références, rédigé à la dynamite quand elle pulvérise les cloisons. Ceci n'est pas une discothèque. Et personne n'a tracé de trait d'union entre une incartade pour réseaux sociaux et cet authentique chef d'œuvre. Triste époque. Franchement, qu'avons-nous à faire d'un capitaine dégradé quand la littérature nous offre en miroir l'un des romans les plus kaléidoscopiques du genre, qui ne manque pourtant pas d'étrangetés dans le genre ?
Pas un jour sans une ligne, scandait le peintre. Puis l'écrivain. Chaque phrase est un dessein. Ou une ligne mélodique selon qui trace le chemin. Allons-nous évoquer l'urne ou la rune, le vote ou la magie, l'élection ou l'incantation ? Jamais campagne ne fut si tourmentée, comme si un mauvais génie avait tordu la lande sur laquelle nous jouons, ce terreau naguère propice aux bonnes graines sur lequel ne poussent désormais que fiel, amertume et ressentiment, crainte et rejet.
Samedi à midi et demi, la FFR se sera dotée au forceps d'un président, ancien ou nouveau, sortant ou débutant. Il en sera de quelques voix, d'une poignée de clubs passés de l'un à l'autre au moment de choisir, ou d'éviter de le faire. Qui saura ? Le rugby amateur se meurt. Il crève de primes et de transports, de règlements et d'assurances. Dans dix ans, si n'est pas rendu au rugby des villages ce qu'il a offert au XV de France, ne survivront que les grandes usines ovales conçues pour préparer de la chair à rucks.
Ils iront vomir dans les couloirs, uriner dans leurs lits, croupir dans des geôles ; ils dépasseront la ligne, hurleront grossiers quand la nuit tombe, s'imagineront arrivés alors qu'ils ne sont pas encore partis; ils confondront s'enflammer et se consumer, la gloire et l'éclat, la transformation et l'essai. Ils entreront dans une discothèque sans savoir que ce qui scintille aux néons à l'entrée d'un bouge kitsch porte le nom d'une œuvre écrite au noir de l'encre mythique.
Il y a un an et quelques jours - je ne suis pas amateur d'anniversaires - le XV de France s'inclinait en quart de finale face aux Springboks, plus rusés. Quatre ans plus tôt, les Gallois nous avaient ramassés. Et avant eux les Néo-Zélandais nous avaient humiliés. Le Quart ! Ah, Nikos Kavvadias... Voilà trois fois consécutivement que nous passons à la trappe et, visiblement, personne ne s'en inquiète. Ce Top 14 cache la forêt et quand La Rochelle reçoit l'UBB, Marcel-Deflandre affiche complet pour la quatre-vingt-seizième fois d'affilée. Ainsi va notre rugby.
Nous disposons du meilleur joueur du monde, auréolé de sa médaille d'or. Du championnat le plus lucratif et aussi le plus indécis. Le plus chronophage. Exigeant. C'est notre force et, il faut le croire, notre limite. Avant de partir vers le Bharat la semaine prochaine, je vous livrerai les noms des sept nominés pour le prix La Bibliotèca du meilleur ouvrage de rugby pour l'année 2024. Qui succèdera à Didier Cavarot et à Benoit Jeantet ? Sans doute aurez-vous quelque idée. En attendant qu'elle jaillisse, sachez que "la littérature, écrivait Alfred Capus, n'a pas été créée pour servir la vie, ni même la traduire, mais pour lui échapper." Courage, fuyons !
lundi 23 septembre 2024
Spectacle sportif
Les actes du colloque organisé en mai 1980 à Limoges et intitulé Le spectacle sportif ont, certes, pris quelques rides mais leur introduction, signée par Antoine Blondin, reste toujours d'actualité. En voici quelques extraits choisis, avant Stade Toulousain - Union Bordeaux-Bègles, dimanche soir, qui promet d'être très show.
vendredi 19 juillet 2024
Les ténébreux en pleine lumière
jeudi 21 décembre 2023
Débordons d'amour pour ce jeu
mercredi 29 novembre 2023
Jeantet à toutes jambes
Après la déconvenue d'octobre, rien ne devrait mieux et plus sûrement irriguer désormais le XV de France que le rugby amateur, ses vertus, ses épopées picaresques et ses ressorts humains. Aux sortilèges arbitraux chassés du bunker succède la perspective du Tournoi et c'est bien de joute dont il s'agit ici, phase finale littéraire très disputée qui opposa pour le meilleur Mourir fait partie du jeu (Philippe Chauvin), L'affaire Cécillon (Ludovic Ninet), Dans la peau d'Albaladejo (Philippe Darmuzey) et Le ciel a des jambes (Benoit Jeantet). Quatre ouvrages différents par le style, le thème, la forme et le développement, quatre auteurs qui laissent une trace placée très au-dessus de l'ordinaire des parutions convenues en période de Mondial.
lundi 6 novembre 2023
Lettre ouverte aux ami(e)s
Après La Rochelle à l'invitation de Jean-Pierre Elissalde dans son fief Aux Vieux Crampons jeudi 16 novembre, puis Paris deux jours plus tard dans les magnifiques locaux de la librairie Pédone, rue Soufflot, je serai à Auch mercredi 22 novembre à la librairie Page à Page pour dédicacer Côté Ouvert. Avant de filer à Saint-Pierre-de-Trivisy, via Toulouse et Castelnaudary, remettre en compagnie du jury La Biblioteca, le prix du meilleur livre de rugby 2023. Avec Jean Colombier, Pierre Berbizier, David Reyrat, Laura Di Muzio, Emmanuel Massicard, Max Armengaud, Jean-Christophe Buisson, Didier Cavarot et sous la présidence du sénateur Philippe Folliot, nous avons choisi parmi la trentaine d'ouvrages parus cette année quatre demi-finalistes, à savoir Benoit Jeantet (Le ciel a des jambes), Philippe Chauvin (Mourir fait partie du jeu), Philippe Darmuzey (Dans la peau d'Albajadejo) et Ludovic Ninet (L'affaire Cecillon). Nous y reviendrons dès mon retour.
Pour un auteur, je ne connais rien de plus touchant que de remettre son ouvrage sur le métier puis le porter sur les fonds éditoriaux. En ce qui me concerne, depuis 1984 et Rugby au centre, c'est un bonheur renouvelé. Tenir l'objet-livre me procure l'émotion d'une première fois, mélange d'excitation et de plaisir après avoir trempé pendant huit saisons ma plume dans ce blog. Bleu comme le maillot du XV de France, Chroniques d'un sacre reporté s'ouvre sur une phrase tirée du Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson qui raconte ce que ce livre contient d'amitié, de signification et de liberté.
C'est une belle histoire que celle contenue dans cet ouvrage, à commencer par l'idée glissée par un blogueur d'ici, Christophe Bedou, qui consistait à relier quelques-unes de mes chroniques, projet au soutien duquel Patricia Martinez, directrice des éditions Passiflore encrées à Dax, s'est immédiatement portée sans lever le moindre doute sur la réussite de cette entreprise, convaincue comme moi que notre communauté ovale saurait promouvoir ce recueil à la mesure du lien créé il y a plus de douze ans, déjà.
Ecrire, c'est chérir ceux qui nous inspirent, nos premiers modèles, nos références, ceux qui gravent en nous les premières phrases de jeu. D'où l'importance accordée au voyage à Cardiff aux côtés de mon père Jean-Claude. Relater cette odyssée, du moins en partie, constitue sans aucun doute la trace la plus intime laissée dans Coté Ouvert version papier. Je sais à quel point vous partagez ce trait d'union car une figure paternelle ovale est accrochée à nos cœurs.
Au fil des lectures, retrouver la méthode d'Edgar Morin, les axiomes bienveillants de Michel Serres, l'altérité dessinée par Emmanuel Levinas, les préceptes de Jean Dauger et les confessions de Raoul Barrière, revisiter le festin de 1973 à l'Arms Park de Cardiff avec Georges Domercq et admirer une nouvelle fois l'Outrenoir en compagnie de Pierre Soulages, constituent un délice de fins gourmets que j'associe, verres levés haut pour trinquer, à la mémoire d'un glorieux ainé, Denis Lalanne, et de quelques pairs envolés - Jean Cormier et Jacques Verdier. Vous découvrirez au fil des pages - deux cents - la présence de nombreux amis du blog, célèbres et moins connus, écrivains ou internationaux de renom qui nous font l'honneur d'être fidèles à ce rendez-vous hebdomadaire.
Durant le périple de deux semaines que j'ai effectué loin de l'actualité ovale, l'épisode malheureux du quart de finale perdu par le XV de France face à l'Afrique du Sud, il y a déjà un mois de cela, n'a cessé de me poursuivre : amis proches ou lointains croisés n'ont cessé de m'interroger sur les raisons de l'échec. A l'évidence, personne n'a fait le deuil de ce fiasco. Et même si Fabien Galthié assure que la France l'a finalement emporté 37-29 dans le métavers des datas, ce meilleur des mondes dont le XV de France serait le champion, la frustration demeure.
jeudi 26 janvier 2023
Bleu comme une balle ovale
samedi 14 janvier 2023
Deux siècles de rugby
samedi 31 décembre 2022
2023, année bascule
mercredi 7 décembre 2022
Epitomé tricolore
mardi 1 novembre 2022
Monsieur Rusigby, roi d'Ovalie
Celui qui aime pour son seul plaisir. Ainsi définit-on l'amateur. Il faut aimer le rugby et surtout savoir le faire aimer pour en tirer la quintessence. Ce qu'est parvenu à réaliser Didier Cavarot au fil de ses expressions épistolaires, premier lauréat du prix du meilleur livre de rugby de l'année 2022 pour son Monsieur Rusigby au bureau ovale de la saison blanche (Editions de la Flandonnière). Robuste troisième-ligne centre passé par Riom, Anger et le Stade Clermontois - celui du Lucien Piquet, du "Cube" (le père d'Aurélien Rougerie), de Gérard Fleury, de Boubouche, de Xavier Verdy, du terrible Charles Roca - avant de rejoindre l'US Issoire, où il réalisa l'essentiel de sa carrière sur et en dehors des terrains, cet Auvergnat bon teint, jovial et sans complexes, fils et neveu de rugbymen, a été distingué par un jury parfaitement hétérogène, samedi 29 octobre à Saint-Pierre de Trivisy, entre Castres et Albi.
Sur la photo d'équipe ci-dessus, prise par Germinal Gayola, manquent Pierre Berbizier, retourné tôt le matin après le vote vers le plateau pour donner le coup d'envoi d'un Lannemezan-Auch dont il était le parrain, et Laura di Muzio, réquisitionnée par TF1 pour commenter la rencontre de Coupe du monde féminine entre la France et l'Italie. Mais vous pouvez reconnaître ou découvrir Emmanuel Massicard (directeur délégué de Midi-Olympique), Jean-Christophe Buisson (directeur adjoint du Figaro Magazine), Philippe Folliot (sénateur du Tarn, talonneur et président de l'association des parlementaires du rugby), Didier Cavarot (trophée en mains), David Reyrat (chef du service rugby au Figaro), Jean Colombier (ancien attaquant de Saint-Junien et prix Renaudot 1990), l'auteur de ces lignes, et Max Armengaud (artiste-photographe, passé par la Casa de Velazquez et la Villa Médicis).
Partie immergée d'une aventure humaine qui regroupe autour de notre factotum Marie-Dominique Hérail de nombreux bénévoles - citons Patou, Manu et Annie -, ce prix récompense un auteur qui a su encrer les petites histoires dans la grande, carnet de chroniques douces et amères d'une saison sans ballon en période Covid au sein de l'US Issoire qui devient sous sa plume rabelaisienne l'épicentre de toutes les passions, tensions, émotions, que chacun peut vivre dans son propre club. Entre rédaction spontanée et truculentes propositions, son personnage - Monsieur Rusigby - condense avec rusticité nos dévoués dirigeants et le bestiaire des équipiers devenus éducateurs bienveillants ou supporteurs caustiques. Au fil des pages, cet ouvrage finit par construire une forme d'humanisme rebondissant.
L'occasion, aussi, de découvrir un village du Tarn, Saint-Pierre de Trivisy, aux multiples facettes qui se dévoilent sans apprêts pour nous recevoir dans l'esprit d'Ovalie, de la table d'hôtes jusqu'aux cigares partagés au bout de la nuit à La Biblioteca - restaurant-gite-conservatoire placé sous l'aimable férule de Pascale et de Laurent - dont la particularité consiste à rassembler presque tous les ouvrages de rugby sur les murs de ce club-house où Jacques Verdier et Didier Retière, Laurent Travers et Olivier Margot ont précédé des centaines d'inconnus attirés par la lecture. Un piano Pleyel luisant orne les lieux, invitation aux bonnes vibrations qui trouvèrent leur point d'orgue dans un Se Canta (prononcer canto) version Gaston Phoebus, en occitan donc, magnifié à la tierce et à la quinte comme il se doit.
En ouvrant, tout sourire et très ému, le palmarès du prix 2022 La Biblioteca, qu'il considère non sans humour comme le Championnat de France de la littérature ovale, Didier Cavarot rejoint aussi pour la saison prochaine notre aréopage plumitif. Le voici donc devenu garant pour la saison à venir de notre ADN lequel agrège Pierre Mac Orlan, Denis Lalanne, Kléber Haedens et Antoine Blondin dont, judicieusement, Jean Colombier, auteur de Beloni, rappelle l'âge d'or au sein de notre jury.
Féliciter enfin les finalistes, dernier carré méritant composé d'Antoine Duval, de Guilhem Herbert et de Christian Pastre, dont les oeuvres respectives trouvèrent un bel écho lors de nos apres délibérations. Sans trahir de secrets, nous eûmes besoin de trois tours de scrutin - au lieu des deux initialement prévus - pour parvenir à choisir un vainqueur, et la marge fut très étroite, preuve de la grande qualité des ouvrages proposés: Une histoire de Sevens (Au vent des îles) raconte par le menu l'ascension de cet avatar lumineux, l'album Rugby en choeurs (Amphora) nous plonge au coeur des hymnes ovales, quand A corps perdu (Editions du Cabardès) s'inscrit subtilement dans une veine romanesque.
Avec la Coupe du monde 2023 qui se profile à l'horizon, les publications rugbystiques ne manqueront pas, sous tous formats, multipliant les angles, nourissant les sujets les plus originaux, et le roman - puisqu'il est plus que jamais question de style - y aura toute sa place. Notre tâche, jamais achevée, n'en sera donc que plus exaltante. Et je suis persusadé que les membres de ce blog décalé n'hésiteront pas à apporter leur contribution écrite au fil des commentaires, voire à dénicher quelques perles rares de forme oblongue afin d'éveiller durant l'année à venir notre sagacité.















