lundi 11 mai 2026

Tous en phase finale

Vous l'avez sans doute remarqué : il n'y a pas un seul Championnat d'élite mais bien six. Six compétitions logées dans ce Top 14. Commençons donc par le bas. Montauban, invité surprise, dispute son propre challenge, celui de l'espérance : bien figurer sans craquer même après avoir encaissé des scores fleuve en déplacement et d'humiliantes défaites à Sapiac. Un combat pour la dignité, à savoir faire bonne figure, surtout quand les vagues adverses vous emportent loin de la berge. Quand on n'a plus pied, il faut savoir nager.

Juste un peu plus haut, à la treizième place, celle de ce purgatoire nommé "barrage" mais qui parfois cède, Perpignan attend son heure sans illusion. Aucun club ne viendra prendre sa place. L'USAP n'est pas assez armée pour jouer à Aimé-Giral un rôle autre que celui - parfois - d'arbitre, en témoignent ces cinq succès en vingt-trois rencontres. Mais l'effectif catalan est trop étoffé pour ne pas miser sur un retour immédiat dans l'élite en cas de redescente en Pro D2. Il lui reste ce fameux match de la peur négocié à l'extérieur une fois le championnat terminé, et c'est à cette échéance que les Sang et Or se préparent actuellement : un match de Coupe, ou plutôt couperet.

Castres, Lyon et Bayonne ont gâché beaucoup d'occasions, cette saison. Trop. Dix succès ne permettent pas d'espérer autre chose qu'un rôle de figurant. Ils sont partenaires de jeu, dans l'esprit Du-Manoir, sparring-partners pour faire nombre à trois journées de la fin. Ils n'ont rien à gagner après avoir beaucoup perdu. La seule interrogation qu'ils peuvent nourrir n'est pas inintéressante : Toulon les rejoindra-t-il pour densifier ce ventre mou ? Car du côté de Marseille, les Varois ne sont pas passés à l'Orange, pressés, compressés, déplacés sans pour autant vraiment jouer à l'extérieur mais assez loin de Mayol, néanmoins, pour perdre leurs racines.

Cette option donne à peine assez de piment pour assaisonner le ragoût car pour le cas où le RCT décrocherait sa douzième victoire de la saison à l'Arena pour basculer dans la colonne "crédit", ils seraient alors cinq clubs à viser les deux derniers tickets poinçonnés phase finale : Toulon, donc, La Rochelle, le Racing 92, Bordeaux-Bègles et Clermont. D'ici le 6 juin, cinq affrontements directs sont à l'affiche entre ces prétendants, défi concurrentiel de très haute volée qui laissera trois ténors aphones.

Ce Top 14 recèle, maintenant que nous gravissons les échelons, une triangulaire, et il n'y aura qu'un élu pour accéder à la deuxième place du classement. Aujourd'hui Montpellier est en tête des suffrages (70 points), mais Pau (69) et le Stade Français (68) sont capables de faire le plein de voix. Pourquoi cette guerre de trois est-elle si importante ? Parce que, vous le savez, se placer en dauphin offre une semaine de récupération, cessez-le-feu en pleine guerre qui permet de recharger les accus avant les demi-finales. Un petit avantage qui se révèle souvent déterminant.

Cela touche-t-il le Stade Toulousain, leader inexpugnable qui n'a plus maintenant qu'à gérer son avance en se méfiant toutefois de ne pas être le lièvre de la fable ? Toulouse, capable d'aligner deux équipes d'égale valeur et une troisième pleine d'Espoirs de talent qui préfèrent faire banquette chez un champion que feuille de match ailleurs... Si le rugby ressemblait au football, le Stade Toulousain aurait des faux airs de PSG bientôt assuré du titre, et ce serait justice tant les hommes d'Ugo Mola évoluent dans une autre dimension, celle du jeu debout et du mouvement perpétuel.

Les joueurs, concernés par ce resserrement qui, paradoxalement, éclate le Top 14 en six morceaux, sont unanimes : jamais Championnat de France n'a été aussi intense. On n'y parle plus de percussions mais de collisions : ce vocable est entré dans le langage courant des conférences de presse d'après-match et c'est effrayant. Surtout quand on voit les victimes de ces chocs sortir sur civière après dix minutes de soins prodigués sur la pelouse par les staffs médicaux.

Ne nous quittons pas quand se referme la porte de l'infirmerie. Partageons plutôt cette phrase que cisela un jour l'une des plus plantureuses artistes italiennes. Si nous lui faisons prendre la forme ovale qui épouse le ballon de rugby, si nous la transformons du bord de touche, la différence entre les êtres s'opère, dirait-elle, par l'intensité avec laquelle chacun d'entre nous choisit de vivre. Restent désormais trois journées avant que s'ouvre l'abysse. Ou s'offre l'acmé.

31 commentaires:

  1. J'avoue que ce Top 14 fut très intéressant car indécis , a part le ST dont on savait qu'il finirait premier mais qui ne sera pas forcément champion , car le stade a eu des trous d'air cette année comme en coupe d’Europe ...Pau et Montpellier belles surprises , même si ma préférence va vers Pau en souvenir d'une année passée en 72 au camp d'idron ...Est ce que l'UBB se relèvera d'une finale européenne qui risque d'être "chaude" et pourra rivaliser jusqu'au Brennus en laissant des forces en route.
    Après le stade français peut créer la surprise comme il y a quelques années ; La Rochelle , si le vent souffle fort pendant les qualifs , pourra faire valoir les qualités de marins de ses joueurs mais pas évident ...Le RCT cher à mon coeur est dans la nasse du mistral pas gagnant ...Le CO pour lequel j'ai là aussi une préférence dû a 3 ans a vécu a 20 kms de Castres va préparer la saison future ...quand à Perpignan , ce sera dur de le faire descendre car l'équipe est forte et pas à sa place et puis Vannes finit premier , Vannes qui aurait pu sans pbs rivaliser ....on ne parlera pas de Montauban invité surprise qui n'avais rien à faire cette année en top 14 ...
    Je viens d eregarder par hasard sur youtube un condensé de marrons chauds des années 80 /90 , même si cela peut apparaitre violent , néanmoins c'est moins violent qu'aujourd'hui , où s'il n'y a plus de "baston" les placages sont plus destructeurs pour les corps ...bonne nuit ...

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    1. Cher Marc, depuis la Corse, le regard s'aiguise. Pour preuve ce commentaire, précis, exhaustif. Un beau complément de chronique.

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    2. Depuis l'Ardèche pour la finale, la Corse pour la dernière journée, le bateau de retour pour le barrage espéré.
      Et quand j'en suis plus à penser à la manière dont je vais pouvoir visionner ces trop nombreux matchs plutôt qu'à penser à toutes les choses agréables que je vais faire durant ces trois semaines, ca (m')interroge sur la place que le rugby prend dans ma/nos vies.
      Et donc bientôt une chronique car quand ça devient trop long ça n'est pas le bon endroit😉. Pour faciliter la lecture fluide de nombreux commentaires de participants variés. Merci donc à toi bien sûr mais aussi déjà à Marc, Sergio, Grigorciuk ...

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    3. Ton message résume parfaitement le rugby français : beaucoup d’analyse… mais surtout énormément d’affectif. Et c’est ça qui le rend savoureux.

      Le Stade Toulousain, par exemple, c’est devenu l’élève brillant qui finit toujours premier mais qui donne parfois l’impression de réviser ses demi-finales au dernier moment. On les croit invincibles… jusqu’au fameux “trou d’air” où tout le monde se demande si les joueurs n’ont pas changé de sport pendant une semaine.

      Pour Pau et Castres, on sent bien que les souvenirs personnels jouent autant que le classement. Et au rugby, c’est normal : un club devient parfois sympathique simplement parce qu’on y a passé un bel été en 1972 ou mangé une bonne côte de bœuf après un match sous la pluie.

      La Rochelle reste fidèle à sa réputation : plus il y a de vent, de pluie et de chaos, plus les Rochelais semblent heureux. Cette équipe donne l’impression d’avoir été conçue directement pour survivre aux tempêtes atlantiques.

      Quant à Toulon, “dans la nasse du mistral”, c’est très juste. Le RCT vit chaque saison comme une série dramatique : des moments géniaux, des passages incompréhensibles et des supporters qui vieillissent de cinq ans tous les dimanches.

      Et puis cette remarque sur les années 80/90 est excellente : avant, les joueurs se distribuaient quelques marrons bien visibles ; aujourd’hui, il n’y a plus de bagarre… mais les plaquages ressemblent parfois à des crash-tests entre camions.

      Le rugby moderne a supprimé les coups de poing pour inventer la collision à haute intensité. C’est plus propre… mais pas forcément moins violent.

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  2. J'eus aimé un Toulon plus au fait de son jeu. L'excursion marseillaise a prouvé que même le vide poche était vide, comme un train à qui on avait piqué du cuivre sur la voie.
    Et l'Airbus a prouvé qu'il ne craignait pas trop la pénurie de kérosène même si le jeu n'est pas tout zen en ce moment.
    Le Mola est toujours dans la bonne parole et la main ferme semble t'il.
    Pour que l'exhaustivité germaine soit complète on peut aussi susurer Clermont qui semble avoir sous le coude un malt plutôt bien tourbé en phase pour le dernier apéro et la bonne tenue de soirée, genre moins gazon maudit.
    Question exam de passage, on est plutôt dans un contexte géographique détroit d'Ormuz sans discussions ni de cessez-de-collisions rendant
    la denrée de Brennus très rare et très électrisante...
    Quant aux phases de la lune chacun essaiera d'être dans la croissante, sur la bonne phase électrique et pas sur le neutre.

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    1. Sergio esoterique, bien luné. Il y a du talent au piano

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  3. "et Montauban dispute son propre challenge, celui de l'esperance" Un challenge qu'il a effectivement remporté en 1967, à la suite du Brennus de cette même année!

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    1. Bien vu. Je vois que je ne preche pas dans le desert.

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    1. Côté Espérance c'est venu plus tard pour Valence qui a mis la main sur le challenge en 1987 après 2 finales perdues. Celle du VRDR aujourd'hui est de bien figurer dans les play-off pro D2, en recevant si possible....
      A priori le challenge n'existerait plus depuis 2013.

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  5. Tournoi et Top 14 même combat ?
    Tout le monde bat tout le monde, avec des scores épais sans sombrer dans le houra-Rugby, du rythme le plus souvent, de belles séquences, j'aime bien cette saison.
    Des trous d'air, des gouffres presque chez nos Bleus parfois, mais aussi, comme c'est bizarre,du côté de Toulouse.
    Gros respect pour Montpellier, dont le vainqueur sera champion j'en prends le risque,mais qui pour affronter la bande a Toto en finale ?
    Pau, quelle belle équipe, l'UBB plus encore, ou une grosse côte revenue de loin, les Jaunards a Jauneau p'têt.
    Allez , je vous assure mon cousin que vous avez dit...

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  6. Toulon, phase terminale.

    -Pardon.

    -Pardon de quoi?

    -Pardon de ce que j’ai fait.

    -Ce que tu as fait, qui te le demande?

    -Tu le sais?

    -Forcément que je le sais.

    -Je t’ai fait du mal?

    -J’ai été beaucoup inquiet parce que tu ne me l’avais pas dit. Tu pars en vrille, toi, comme ça, quand ça te prend. Et tu ne m’avertis pas. Tu ne me dis même pas où tu avais mis ton plan de jeu ni ton envie ni ta figure. Je les cherche depuis le 66-0…
    Tu avais envie de faire que dalle? Tu ne voulais plus voir Pierrot? Je le comprends, je ne te le reproche pas. Tu n’as pas voulu me le dire parce que je suis un peu trop exigeant…D’accord, je le comprends. Mais le patron, est-ce qu’il ne pouvait pas m’envoyer un télégramme, est-ce qu’il ne pouvait pas me rassurer?
    Enfin tout de même, en Coupe des champions, tu les as quand même bien gangassés! Ça ne t’a pas trop refroidie cette élimination?

    -Qu’est-ce que ça peut faire?

    -Beaucoup. Maintenant que je suis presque content de te revoir, tu ne vas pas me faire une maladie ? Viens t'asseoir, viens, ne reste pas là.

    -Ne me pardonne pas comme ça, ça me fait mal, Fada. Une bonté comme la tienne, c’est pire que des coups de bâton.

    -Que veux-tu, la bonté, c'est difficile à cacher. Alors, excuse-moi. Je ne le fais pas exprès, et je te demande pardon.

    -Alors, tu sais tout?

    -Ma foi, tout ce qui touche au classement. Et ça me suffit. Je ne veux rien savoir d’autre. À quoi ça me servirait?

    -À ne pas être ridicule.

    -Tu ne veux pas que je sois ridicule?

    -Non.

    -C’est la première et la seule parole d'amour que tu m'aies dite cette saison... Alors, je ne sais plus quoi faire.

    « L’équipe s’élance vers Fada. Elle baise sa grosse main et se blottit contre lui. »

    -Qu'est-ce que tu as, RCT? Qu'est-ce qu'il te prend ?

    -Je ne sais pas. Je ne suis pas bien.

    -Si tu reprenais le chemin de l’usine à champions?

    -Non, je veux rester près de toi... J'ai froid.

    -Ecoute, c'est le moment de rallumer la flamme. Viens, ça nous réchauffera tous les deux.
    Elle s'éteint quand tu joues mal, tu l'allumes quand tu reviens.
    Cette fumée, j'ai beau en avoir l'habitude... Elle m'a toujours fait pleurer.

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    1. Ah Pom, le retour... de Pomponette... Pagnol. Joli pastiche, ami.

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  7. Ben dis donc, une envolée qui laisserait Drean dans le courant d'air.
    Allez Pom, allez RCT donc!

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  8. On a parfois tendance à raconter le Top 14 comme si chaque journée décidait du destin de l’humanité. Le moindre déplacement devient une traversée du désert, une série de défaites ressemble à une crise existentielle et un barrage de maintien prend des airs de duel médiéval au lever du soleil.

    Pourtant, le rugby français reste fidèle à lui-même : totalement imprévisible. Les équipes qu’on croit perdues gagnent soudain deux matchs d’affilée, celles qu’on annonce invincibles perdent un soir de pluie sur une pénalité jouée rapidement par un demi de mêlée qui mesure 1m72 et pèse le poids d’un bagage cabine.

    On adore aussi découper le championnat en catégories très sérieuses : les prétendants, les survivants, le ventre mou… alors qu’en réalité le “ventre mou” du Top 14 est probablement l’endroit le plus dangereux du classement. Une équipe sans pression au printemps devient capable de battre n’importe qui dans un match tellement fermé qu’il faudrait un archéologue pour retrouver le jeu de mouvement.

    Et puis il y a cette fascination moderne pour l’intensité. Avant, on parlait d’un gros plaquage, d'un gros tampon. Aujourd’hui, ce sont des “collisions à haute intensité”. Le rugby adore remplacer des mots simples par des termes qui donnent l’impression qu’un laboratoire de biomécanique supervise les conférences de presse.

    Quant aux grosses cylindrées, elles finissent toujours par donner le sentiment qu’elles possèdent un réservoir inépuisable. Certains clubs semblent fabriquer des internationaux en série, comme si leur centre de formation fonctionnait secrètement à l’énergie nucléaire.

    Mais au fond, c’est aussi pour ça qu’on aime ce championnat : parce qu’il refuse d’être raisonnable. Tout y devient plus grand, plus dramatique, plus épique. Même quand, finalement, toute une saison bascule simplement sur un en-avant à la 79e minute.

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    1. Les centres de formations me laissent vraiment perplexe. C'est grisant de se faire "repérer" jeune en cadet pour rejoindre des grosses cylindrées.
      Ca serait intéressant de voir les parcours de nos internationaux. Même Dupont a du bouger au début de sa carrière.

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    2. Oui certains ont l'arme nucléaire, d'autres nus sans clé air,
      certains connaissent où tu as mal et te dise pourquoi
      certains sont nés dans la rue ovale d'autres y sont tombés dedans plus grands
      certains ont la science infuse qui fuse
      d'autres la potion magique du moment
      qui te transforme en portion magique
      très peu possède les deux
      certains possède l'Airbus, la capitale d'autres maîtrise la gomme, le mistral
      d'autres essaient d'être tout comme
      C'est juste la vie, la vie du tout
      la vie du tout ou rien
      et l'eau c'est la vie le fer aussi
      D'ailleurs ne dit-on pas une santé de fer, un homme de fer, le rugby c'est la vie...

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    3. Ah, Don Miguel, Cervantes au service, l'Asturien astucieux ou le Galicien griégeois qui allume nos lanternes... Une belle plume trempée dans le Cidre, pardon, El Cid, en reconquête maître après maître.

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    4. Et Sergio qui reprend la ballon au re-bond pour la projeter plus en l'air, cet air qui roule des R du jeu, ce Rrrrugby d 'Oc et d'estocs, d'Oil par essence. Tout ceci me régale.

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  9. L'affectif entre en jeu dans les équipes qu'on supporte, ou pas!

    Le niveau de jeu du ST et de L'UBB est bien au dessus de tous les autres. L'UBB va jouer son europe et va faire se qu'il peut en championnat peut-être sans stress se qui peut les rendre difficile à battre.

    Mon Stade Français n'étant plus le même club que j'ai connu, je le regarde avec cette curiosité, comme un ancien amoureux surveille son ex maîtresse.

    Pau serait une belle surprise.

    Et Montferrand (oui je me fais vieux), les jaunards auront toujours une belle place dans mon cœur de supporter.

    Un championnat déséquilibré, peut être pas équitable avec les doublons mais dont on se rappellera toujours et seulement du vainqueur.

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    1. Dans ce cas, quelle ordonnance conseillerait notre apothicaire francilien ?

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    2. Je ne maîtrise pas le côté financier des clubs. Je ne vois pas de solutions mais plutôt une réalité.
      On a un beau championnat, et j'espère un championnat solide financièrement. La banqueroute anglaise a servi d'exemple.
      J'aime beaucoup votre analyse sur les dernières journées. Et surtout que presque tout est possible encore pour beaucoup d'écuries.

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  10. Pour tout saisir, ou rien, d'ailleurs, nous allons donner à ce jeu de ballon ovale un autre nom : lubie !

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  11. Allez, à mon tour de pasticher :
    "- Toulouse sera-t-il champion, encore une fois, tant les autres clubs sont trop enfants, trop innocents, pour ce Top 14 ?
    - Je suis fâche que mon noble chroniqueur me suspecte de ne lui vouloir rien de bon. Par le ciel, même si le toit est fermé, je viens à lui plein de belles relances.
    - A la veille d'un changement, il en est toujours ainsi. Par un instinct ovale, l'esprit des joueurs pressent la défaite imminente, comme par expérience on voit grossir les attaques avant une violente transformation.
    -Ma conscience a mille claviers et chaque paragraphe raconte une histoire, et chaque histoire hisse comme Brennus. L'offensive, au plus haut degré, le débordement, cruel au plus explosif degré, tous les essais, poussés au suprême degré, se pressent dans l'en-but criant tous : victoire ! Succès !"

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  12. Rubrique carnet rose
    Plutôt qu'une relance, je vais proposer une "cagade" en me situant résolument dans le "extra rugby people".
    Il y a bien trop longtemps que je ne vous ai pas gratifié d'un de mes deliriums tremens (et souvent très minces question niveau et contenu).
    J'aimerais surtout que Miguel Fernandez m'indique s'il me trouve un avenir en agent matrimonial people🤪
    Dupont ayant montré la voie en ne se "choisissant" pas une compagne "ordinaire",
    https://www.dailymotion.com/video/x9joe3y
    je propose, comme pour le cinéma en son temps, pour démarrer au mieux mon activité, de "façonner" de toutes pièces un joli petit couple mythique du rugby...caractéristiques de chacun•e: "pue le rugby" et "passé.e par manque de reconnaissance en EdF".
    Demain samedi, ce sont deux matchs à enjeu important qui se disputent à quelques minutes et kilomètres d'intervalle.
    Ils impliquent "mes deux amours": l'UBB (enfin je sais me retourner aussi sur d'autres équipes ☺️) et le rugby féminin.😊
    J'ai donc construit le scénario people avec la complicité de médias spécialisés.
    Samedi on va voir Mathieu Jalibert jouer la première mi-temps contre Perpignan, puis disparaître.
    Une vidéo va le montrer en train de monter à l'arrière d'un scooter dans le parking de Chaban. Bru lui a encore donné un "bon de sortie" (cf UBB SF), très particulier cette fois-ci.
    Une autre vidéo quelques minutes plus tard le montre en train de s'installer dans les travées du stade Atlantique, côté famille des joueuses.
    Après une victoire des filles qui fera date, d'autres images "faussement volées" de la soirée tardive d'après match ne laissent guère la place au doute.
    La presse people et sportive va se nourrir de ce scoop qui relègue les amours de Toto à Cannes aux oubliettes.
    Deux des plus grands talents au poste de 10 en France sont en couple!
    Ceux qui jusqu'à présent ne connaissaient Carla Arbez qu'en tenue de rugbywoman (sous payée), la découvrent en robe de soirée au bras du non moins élégant Mathieu Jalibert.
    François Cros dont l'épouse joue au ST a été le premier à publier cette information sur son compte Instagram.
    Et si une plus juste reconnaissance médiatique et économique du rugby féminin devait en passer par ce genre de crochet people?🤔🥰😂

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  13. Ritchie je vais aussi de mon pastiche:

    Cuisine enfumée. Verres sur la table. Un vieux saucisson sèche près d’un calendrier du Top 14. Les phases finales approchent. L’ambiance est lourde comme un soir de barrage à Aimé-Giral.

    — Dis donc Raoul… tu les sens comment, ces phases finales ?

    — Les phases finales ?… Ça me rappelle les grandes marées à La Rochelle : tu crois que ça va passer tranquille… et tu finis encastré dans les rochers un dimanche soir.

    — Moi j’te le dis : Toulouse, c’est comme les types qui jouent au casino avec la banque dans la poche. Même quand ils jouent moyen, ils trouvent le moyen de gagner.

    — Ouais… et ils sortent des jeunes du banc comme d’autres sortent des bouteilles de la cave. À ce niveau-là, c’est plus un centre de formation, c’est une usine Renault.

    — Et l’UBB alors ?

    — Ah… Bordeaux… ça joue un rugby champagne toute l’année. Le problème, c’est qu’arrive le printemps et tout le monde veut boire dans la coupe… mais y en a qu’un qui repart avec la bouteille.

    — Faut voir aussi l’état dans lequel ils vont sortir de leur finale européenne…

    — Exactement. Une finale de Coupe d’Europe avant le Brennus, c’est comme un mariage basque : magnifique sur le moment… mais le lendemain y a plus personne capable de monter les escaliers.

    — Et Montpellier ?

    — Montpellier, c’est spécial. Toute l’année tu crois qu’ils sont perdus, puis d’un coup ils gagnent quatre matchs et tout le monde recommence à parler d’eux comme d’une menace nucléaire.

    — Avec eux, t’as toujours l’impression qu’ils peuvent battre n’importe qui… ou perdre contre le brouillard un dimanche après-midi.

    — Et Pau alors ?

    — Ah… la Section… Ça, c’est l’équipe romantique. Tout le monde les aime bien. Ça joue, ça vit, ça relance depuis ses 22… parfois même depuis le parking.

    — Le problème avec Pau, c’est qu’ils te donnent envie d’y croire.

    — Exactement. Et dans le rugby français, croire en Pau au mois de mai, c’est déjà une forme de prise de risque.

    — La Rochelle, eux, plus il y a de pluie et de vent, plus ils deviennent dangereux.

    — Normal. Ces types-là, tu les mets dans une tempête avec des rafales à 100 km/h, ils appellent ça “des conditions idéales”.

    — Et Toulon ?

    — Toulon ?… Le RCT, c’est plus une équipe, c’est une tension artérielle collective.

    — Une semaine tu revois les grandes années. La suivante t’as l’impression qu’ils cherchent encore le vestiaire.

    — Et Perpignan ?

    — Ah… Perpignan… Eux, ça fait quinze ans qu’on les annonce morts. Mais ils survivent toujours. Les cafards après une explosion nucléaire et l’USAP, même combat.

    — Quand même… les phases finales, ça reste quelque chose.

    — Ah ça… Trois semaines où des hommes de 110 kilos redécouvrent soudain la peur, les crampes… et le drop à la 79e minute.

    — Le rugby, finalement, c’est simple.

    — Ouais.

    — C’est juste vingt-trois mecs qui souffrent pendant quatre-vingts minutes… pour qu’à la fin ce soit Toulouse qui soulève le Brennus.
    — Serre-moi donc un autre jaune… j’ai comme une dépression tactique qui monte.

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  14. Hébin, ces phases finales, je sais pas si ça aiguise les appétits, mais ça stimule les imaginations...

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  15. Alors moi j'adore ici quand chacun joue sa partition. C'est tellement différent, décalé. Pas sûr que ça puisse faire une équipe avec un plan de jeu et un style défini. Mais peut-être que ça serait bien aussi de se foutre du score et du résultat pourvu qu'il y ait le respect, la liberté et la rigolade.
    @Miguel j'avais déjà évoqué ici le livre que vous pourriez écrire. J'ignorais à l'époque que vous aviez abordé justement ce sujet de l'écriture à propos de votre longue expérience de confident-agent. Dans un podcast.
    En tout cas j'ai adoré cette autre manière de raconter l'épopée top 14.

    Dans ma vie, j'ai eu l'occasion d'échanger par écrit avec Jacques Verdier. Il m'avait confié ce plaisir à vivre et accompagner professionnellement cet aspect feuilletonnesque du top 14.
    Canal + ne s'y est pas trompé, chaîne qui tente souvent de créer des séries originales à succès, donc sur plusieurs saisons. Avec pas mal de ratages mais aussi de réussites comme "Le bureau des légendes".
    Mais assurément à ce jour, c'est bien la série top 14 (et de plus en plus Pro 2 et bientôt Élite féminine ?) qui propose le plus grand nombre de saisons avec des Cliffhangers multiples à la fin de chaque épisode.

    J'ai abordé ce sujet de "la vie extra rugby" à ma manière, mais je ne doute pas Miguel, que ça fait partie intégrante de votre travail. L'influence de l'environnement familial, amical, amoureux donc, dans les choix de carrière ou la "moralité" d'un joueur.
    Cécillon, Haouas et de nombreux autres, les Grenoblois à Bordeaux, les deux escogriffes de Mendoza. Vous voyez, on pourrait les classer en diverses catégories plus ou moins tragiques, où dans tous les cas des femmes sont humiliées, violentées, tuées. Je mets même pas le mot "trompées" tellement ça a pu être (ça peut toujours) une des activités de troisième mi-temps dont on se garde de parler, comme les astuces pour "se jouer du salary cap".
    Alors puisqu'on parle des fratries de joueurs, des fils de, je me suis amusé à imaginer qu'on puisse s'intéresser à des couples réunis par la passion de la pratique du rugby.
    C'est pour cela, puisqu'on parle d'amour et de sentiments que je trouve que Miguel vous faites un lapsus orthographique volontaire ou pas, particulièrement savoureux.
    "Serre-moi..."
    C'est exactement ce que pourrait demander Carla à Mathieu au soir de la défaite (version moins optimiste de mon scénario 😉).
    - Serre-moi fort dans tes bras Matthieu!
    Plus sérieusement, chers messieurs, vous avez conscience j'espère, que si le rugby féminin français n'en est que là, c'est parce que des hommes à tous niveaux n'ont jamais voulu, ne veulent pas que cette pratique se développe aux côtés de la pratique masculine.
    Merci quand même à AXA France pour ce clip:
    https://youtu.be/zYPRwW23AuI?is=VS-pYyoDjQNqvtSp

    Les conditions de vie, d'entraînement et d'exercice de leur passion de nos meilleures joueuses françaises sont une honte pour le rugby français.
    On parle de difficulté de faire entrer le salaire de LBB dans le salary cap, pendant que telle joueuse internationale française doit jongler entre ses périodes de travail, d'entraînement, de compétition, poser des jours de congés etc. Sans compter leurs problématiques liées à leur capacité d'engendrer une potentielle pépite du rugby français 20 ans plus tard.
    Bref j'ai préféré choisir l'angle humoristique plutôt que de me laisser gagner par la colère.
    Soyez patientes, dans 20 ans ça ira mieux pour vous!
    N'oubliez pas c'est ce dimanche à partir de 17h25 sur France 2 le France Angleterre...
    Pour les besoins de mon "histoire people version gala" j'avais volontairement programmé ce France Angleterre féminin le même jour que UBB Usap.

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