lundi 16 février 2026

Et de deux

Les paroles s'effacent, les écrits restent. Pourtant, nous traçons tous nos lettres sur du sable et personne ne sait ce que la postérité retiendra. Qu'une vague d'attaquants pousse loin son essor sur l'herbe de Murrayfield et fane la Rose. Empêtré dans sa marche arrière, le pack anglais délivre un ballon sans souffle à son ouvreur de fermeture et voilà Ford, trop centré, puni de sa mollesse sur soixante-dix mètres. Admirons plutôt un de ces Jones qui caracole. L'Ecosse en joie aurait peut-être aimé qu'il file jusqu'à Selkirk, où John Jeffrey regardait cette Calcutta Cup avec laquelle, un soir d'ivresse dans Rose Street, il décida de jouer du pied. Après tout, le rugby est un football.
1871, Raeburn Place, dans la basse ville d'Edimbourg, là où les Ecossais, intransigeants comme à leur habitude, décidèrent que le test-match inaugural de l'ère ovale se disputerait chez eux et avec leur règles. En effet, les Anglais nouvellement constitués en fédération s'étaient arrogés le droit de jouer à Londres mais avec un réglement jugé trop tendre, qui les disqualifia aux yeux des puristes de Loretto. Retoqués, ils durent rejoindre l'Ecosse et s'inclinèrent. Ainsi va Calcutta.
De même, le système calibré des Irlandais robotisés dans le mouvement des blocs s'est heurté à un mur. N'est pas Hannibal qui veut. La partition savamment écrite fut, ce samedi, déchirée par les pics transalpins armés pour la défense. L'Aviva résonnait à la pause de vivats azuréens : voilà qui promet peut-être l'exploit à venir tant il faut considérer le succès romain devant l'Ecosse, il y a une semaine de cela, comme une évidence, désormais, et non une surprise coliséenne.
Il est des records au sujet desquels nous n'aimons pas écrire : avec cette nouvelle déconvenue (12-54), les Gallois enregistrent une série de dix défaites consécutives à Cardiff dans le Tournoi. La France, elle, égrène désormais un chapelet de sept succès face à cette nation en pleine décrépitude. La logique des bookmakers a été respectée, huit essais à deux. Jamais Gallois n'ont encaissé de la part d'un XV de France autant de points sur la terre de leurs ancêtres... Le French Flair a fait vibrer Cardiff. A part ces magnifiques offensives face à d'atones adversaires réduits à l'état de piétons dans un écrin rehaussé de chants français, que retenir ? Qu'on attend dimanche l'Italie à Lille avec respect et gourmandise.
Pendant le Tournoi les travaux ne s'arrêtent pas. La Rochelle coule, Bayonne tombe. La vérité d'une saison ne passe pas l'été en pente douce. Dixièmes mais avec seulement sept succès, les Maritimes se noient faute d'avoir anticipé leur essoufflement, et les Basques, douzièmes, attendent de chuter de nouveau avant de faire descendre Laurent Travers, leur directeur sportif, sur le bord du terrain. Ses pairs, ailleurs, ne doivent pas être pressés de voir l'ancien Racingman remettre le survêtement. Ils préfèrent que l'Aviron continue de frapper l'écume des matches plutôt que de ramer de concert. Pour ces deux clubs qui naguère surfaient, le top 6 est un horizon désormais trop lointain.
Je l'ai déjà souligné ici, abonnez-vous à la chronique hebdomadaire de Pierre Triep-Capdeville dans Sud-Ouest. Celle qui vient de paraître est richement consacrée à un match qui n'a pas été disputé par la faute d'une tempête et de son cortège de pluie, nos amis de l'hiver. Pas de vainqueur ni de vaincu : match Nils ! Tout est écrit en rafales, violentes à décorner les poteaux d'Aimé-Giral. Croyez-moi sur parole, il n'est pas rare que les écrits s'envolent, eux aussi.

24 commentaires:

  1. C'est quand même bien les palmiers, la plage , le rhum , les cigares et tout cela coupé du monde ....

    Je l'ai dit hier a des amis " à gagner sans gloire , on triomphe sans périls" ; j'aurais préféré un score de 54 a 44 , cela aurait démontré que l'EDF est forte avec les forts ...mais bon , ces pauvres gallois ne sont que les fantômes d'un autre monde que nous avons connu ! Hier dans les tribunes il y avait gareth Edwards , la télé le montrait de temps a autres et c'était peine de voir cette légende subir avec ses frères d'armes cette déculotté , lui qui a dominé le monde du rugby.
    Les Écossais a prendre avec sérieux , les Italiens aussi capables aujourd'hui d'un exploit si l'EDF ne les considère pas comme il se doit , quand aux anglais , ils voudront se venger sur nous de leur déconvenue écossaise.
    Donc de grand chelem hypothétique , on peut se prendre 3 défaites dans les protège dents ....Et c'est là que l'on va voir la véritable face de l'EDF ...
    Il est dommage que nous n'ayons pas eu cette équipe à l'automne pour en voir sa véritable valeur face aux boks ; mais en tous les cas , ils font plaisir , le ballon vit , galope et trouve toujours une main secourable pour aller de l'avant ....Jalibert prestation impeccable de même qu'Olivon , Dupont a retrouvé son niveau et les autres bien en place ...mais a voir tout ça devant une équipe qui les fait douter ....
    Profite bien cher Ritchie et envoie nous un peu de soleil a nous pauvres malheureux dans notre hiver glacial

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  2. Heureuse EDF pouvant compter sur 3 paires de centres de 3 clubs différents, 4 demis de mêlée dont le meilleur du monde et les autres derrière, 2 ouvreurs et les autres en attente derrière aussi, 8 troisième ligne, 4 deuxième ligne sans compter un Gabrillargues excellent depuis l'année dernière au SF que Galthier ignore. Bon les pilars c'est plus compliqué...
    Ça pousse comme les palmiers sur la plage de Cocles in Costa Rica, là où d'autres jardins restent moins prolifiques.
    Le trèfle cherche sa relève, l'Ecosse bat le chardon, l'Angleterre en panne de nouvelles effluves de roses. Les gallois attendent une nouvelle rrrrrace de poireau et l'Italie avec enfin quelques belles surprises.
    Oh race oh espoir de ces écrits du blog qui pourraient enfin compter rester les témoins de leur bien-fondé. Et la parole reste acquise aussi du coup à leurs cause.
    Mais ils sont pas encore rendus, les plus gros morceaux de l'année restant à venir. Pas trop calculer la cup, juste the right place at the right time.
    L'année prochaine restant une autre année.
    Allez che lem mourir...

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  3. Hello à tous,
    Pas vu les rencontres en direct, je jouais au théâtre avec la troupe du village, revu en replay en accélérant un peu parfois, ce qui peut biaiser mon jugement, mais je retiens la partie du Finn qui décidément est une gâchette en or pour ce jeu, c'est aujourd'hui sans discussion le maestro de ce jeu, sans oublier notre Jaja, qui me parait arriver lui aussi vers cette plénitude, et puis notre jeunesse derrière qui va rapidement poser des maux de tête à ceux qui sélectionnent, l'appétit du grand Charles et le Dupont redevenu Dupont sur le terrain, dommage toutes ces histoires de pas propre qu'il traîne en dehors des lignes, décidément ce ST et ses ouailles sont pas glop de glop, hein.
    Peiné pour nos amis au poireau en berne, mais leur jeunesse, avec notamment les U.20, va sans aucun doute redonner des couleurs à ces diables rouges, il leur faudra beaucoup de travail et une grosse foi en eux, mais quand dans vos veines coule le même sang que Gareth et Barry, et soufflent les esprits de l'Arms Park, y croire bien sûr.
    Irlande et Angleterre, paraissent fatigués les types, burn-out passager ou mal plus profond ?
    Allez, ce tournoi est bien entamé, l'Italie qui s'avance sans complexe ne devrait pas freiner, à mon sens, la marche en avant des coqs. Par contre , la rencontre contre (avec) nos amis en kilt, quelle envie !!!!
    Un mot, juste un mot pas plus (faudrait de l'imagination !!!) sur les Coujou, il est pas de moi, mais de l'ami Marcel : "C'est quand même dur de les aimer vraiment, ces types" .
    Allez les bleus les blancs et les rouges, et bravo aussi à FG.

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  4. "Les grandes équipes ne meurent jamais".
    N'ayons pas la mémoire sélective au point d'oublier qu'entre les coupes du monde 2011 et 2019, notre propre rugby était tombé bien bas (quand justement le rugby gallois était plutôt à son avantage).
    A voir les velléités offensives de l'EDF hier, ne boudons pas notre plaisir et ne cherchons pas trop la petite bête en éternels insatisfaits; avec le réservoir de talents que nous avons, pas de quoi voir un avenir sombre. Les U20 gallois m'ont ainsi rappelé -toutes proportions gardées- nos propres équipes de jeunes qui faisaient preuve dans la plombante époque précitée d'un talent et d'une envie certains quand leurs aînés allaient démoralisés de défaite en défaite. A défaut de prédire, on ne peut que souhaiter pareille suite à ces jeunes gallois.
    Et ce match en Ecosse s'annonce somptueux, quand on voit leur jeu offensif contre les Anglais (ce Russell, quelle qualité de passe !).

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  5. L'avisé Pipiou ne saurait me contredire le sport sera incertain ou ne sera pas .
    Ne rien bouder, donc et ne rien exiger comme acquis non plus.
    Se réjouir d'un tournoi bien compact comme on les aime, avec nos garçons qui mènent la danse ,c'est bien.
    Allez Chevreuse

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    1. Et il paraît même que cette incertitude du sport est glorieuse.
      Sic transit gloria mundi...

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    2. Qui est cette Gloria, une actrice transalpine ?
      Allez, si elle a une sœur tu me fais signe.

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    3. Il y aurait bien une Gloria mais Swanson de son nom, star du muet, vedette du Boulevard du Crépuscule dont la carrière, peut-être, nous donne-elle un aperçu de comment se « finis gloriae mundi », une affaire de sic-k transit.

      Le Cantar de los cantares échappé des volutes du Brun del Ré de notre Écclesiaste tropical -que voulez-vous, son Dieu est un fumeur de havanes- nous suggèrerait-il que « tout est vanité et poursuite de vent »…sous la plage, les pavés?

      Parce qu’en matière de gloria et de pavés, les voies romaines furent, elles et longtemps, du genre pénétrantes. De là à dire que dans l’actuel tournoi une légion transalpine plus Brex-Heat qu’It aurait les moyens d’un Bello Gallico lillois triomphant…

      Che sarà?!

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    4. Ah ah PomPom, quel talent... j'attendais patiemment que quelqu'un lancé un pavé sur le sable. Cest fait. Et bien fait...;-)

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    5. Bon ben à la 48ème c’est la « Patay » pour les anglais 😬

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    6. Ouais et finalement l'Angleterre hospitalisée, on connaît pas la maladie exacte, à priori dégénérative...🤔

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    7. Des tonnes de muscles mais peut-être un lèger manque de kilos de bulbe…

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  6. Le chardon sur des charbons ardents, une tonne d'inefficacité basculant finn alement en leur faveur. Un poireau ayant failli ressembler à... un vrai poireau. Match à suspense ayant failli affoler ce début de tournoi pour rentrer dans l'ordre des choses

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  7. Impossible aux anglais d allier force créativité et vitesse belle et énergique défense irlandaise couplee ade belles et tranchantes attaques
    Quel dommage pour ces gallois genereuxechouant si près du but la fine lame russel à bien pèse les scottish bien pâle poin de leurs terres

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  8. Et le Jaja blessé, poursuite d'histoire chaotique avec l'EDF. Ramos pour faire la jointure, OK.
    Mais même pas un vrai 10 sur le banc et de niveau, en l'absence également de NTM tjrs blessé. Même si Ramos doit gérer l'affaire via sa polie valence, il n'empêche, serait-on en période de disette ? C'est l'impression que ça donne en l'absence d'un 3e ouvreur de confiance. Allez d'un autre côté les anglishes font l'inverse en mettant Markus Smith à l'arrière et gardant que Ford en 10.
    En espérant pas finir comme eux...



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    1. Y a un peu de marge, quand même, mais c'est vrai ça peut tourner vite.
      Sinon les trois ouvreurs ils sont là.
      Une fin de match avec Serin et Dupont en espèces de gonds et Ramos au fond ça ne m'inquiète pas trop.
      Le seul soucis c'est que cette taqueutique des deux ouvreurs si intéressante devrait faire l'impasse pour ce match.
      Allez Chevreuse

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    2. Pas sûr que la taquetique en question soit un choix travaillé au préalable pour tout un match.
      Et après tout, avec une paire Dupont-Ramos, voire-même Serin, ça marche aussi dans les deux sens, tellement ils ont du pied et sentent le jeu.
      Sinon le Tournoi reste le Tournoi, les Ecossais peuvent remercier la vista de Russell, la chance du rebond et l'inattention défensive galloise un peu apathique; sinon ils risquaient de revenir de Cardiff piqués au vif, les chardons. Mais ce sont les poireaux qui ont été déconfits !
      Pour les Anglais, je n'arrive pas à comprendre comment dans le rugby moderne on continue à choisir délibérément un jeu trop classique qui finira toujours par se heurter à une défense intraitable (et surtout si on n'y met pas l'intensité nécessaire); l'apport offensif de Marcus Smith crève les yeux, dans l'accélération du jeu et la création de déséquilibres ou d'intervalles, mais on a l'impression qu'ils n'arrivent pas à sortir de leur culture du football-rugby. La tradition, chez les Anglais, c'est quand même quelque chose...

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  9. Sous le toit fermé à l'hiver l'EDF hoquette et devient frileuse après 20 mn et se remet dans la bain avec le banc et le chauffage dans le dernier quart d'heure en assurant l'essentiel.
    Dommage que Guillard ne soit pas rentré plus tôt.
    Pas d'extase sur le jeu aérien où les italiens ont relativement insisté et la mêlée souvent en difficulté après la sortie anticipée de Gros.
    Et Meafou a enfin fait du Meafou.
    Le rouge Garibaldien est resté... au rouge et Garibaldi encore français, plus qu'italien...
    (le trophée 🏆 of course, à noter que le design est de JP Rives).
    Quant aux U20, sans toit eux ont pris la pluie et le score aussi, dans le dernier quart d'heure également.



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  10. Victoire, bonus, 1ere place, et c'est tout. Et c'est déjà bien. Non ce n'est pas tout quand même...

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    1. Meafou-Flament confirment. Dupont présent dans tous les registres. Et une belle ligne arrière. Ramos en couteau suisse.

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    2. Mais de là a nous faire peur en présentant l'Italie moment une machine de guerre capable de remporter le Tournoi il y a une grosse marge

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    3. Ça manque quand même un peu, côté tricolore, de structure offensive, de densité tactique. Perso, je n'arrive pas a voir à quoi on joue : 3 matches, trois façons de s'exprimer. Soit cest une force de caméléon, soit c'est une faiblesse.

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  11. Attendons 2 semaines. L'Écosse sera un excellent révélateur.

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  12. Oui ben si c'est notre JPR qui a fait le trophée de dans deux semaines je propose qu'on envoie la réserve de St Pol sur mer la bas, au révélateur !
    Allez Jean Pierre

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